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 a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper

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Vanka
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MessageSujet: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Lun 24 Sep - 1:53

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La porte s'ouvrait une nouvelle fois. Un silence radio régnait entre Jesper et moi. Il valait sans doute mieux... Hier, j'avais tenté de m'enfuir. Une matinée éprouvante qui se termina dans les lacérations sanguinolentes du fouet traçant à vie la honte de mon acte. Agissement purement délétère dont je ne pouvais qu'encaisser l'échec cuisant. Ourdissant les bruits qui me parvenaient en échos, résonance du bois de cette bâtisse dans lequel je tentais vainement de prendre la température.

Assise sur le lit de cette chambre où s'écoulaient les minutes d'un nouveau renfermement, j'entourais mes genoux recroquevillés, tête posée sur eux à me ressasser les paroles d'Ezelve lorsqu'il époussetait d'huile les marques écarlates de son dessin sur ma peau. Ici, j'était en sécurité. L'extérieur ne pourrait plus m'atteindre. Tout deviendrait simple le jour où j'accepterai ma condition. Loin d'être sotte à l'idée de croire la suite de son discours, je m'accordais toutefois à lui faire confiance sur ces quelques points. Mais cela n'effaçait pas la félonie dont j'avais témoigné envers Jesper. Bien au contraire... Et à chaque pas qui descendait ou montait les marches, chaque pas traversant le couloir, je redoutais sa venue et ses sermons. Ses coups et ses punitions. À en pleurer de peur... Redoutant ses mots plus que ses gestes.

Quel pardon y avait-il à accorder ? Mon acte avait brisé une confiance déjà nulle. Mon futur était des plus incertains malgré cette volonté de retourner en ce lieu que j'avais voulu fuir. Demeure dont je me sentais prisonnière et dépendante à la fois. Ezelve n'y était pas pour rien... et c'était là une bonne comme une mauvaise chose. Sans cet incube, peut-être serais-je encore dans le forêt, ou bien aurais-je trouvé un moyen de m'enfuir de cette île maudite, qui sait ?

La porte s'ouvrit. Les flammes vieillissantes des bougies éclairant la pièce vacillèrent brusquement au courant d'air engagé. L'incube venait sans ration ni nouvelle eau. Il venait simplement me chercher. Il voulait me voir. Jesper. Vêtue d'une petite robe aux teintes grisâtres, motifs abstraits pourtant alignés, cheveux noués aux mèches récalcitrantes, je me levai et suivis Ezelve sans m'arranger. Il me conduisit jusqu'au salon. Un espace qui se voulait chaleureux et austère à la fois. Impersonnel et aseptisé. Ça ne lui correspondait pas...

Ezelve m'informa qu'il arriverait d'ici quelques minutes. Certainement préoccupé par bien des sujets plus importants que son ingrate de dhampire fuyarde. Au moins cela me laissait un instant de tranquillité dans une pièce plus éclairée. Le crépuscule frappait les rideaux épais qui ornaient le salon. Je m'en approchai pour glisser un doigt et apprécier ne serait-ce que la vue du soleil. Mais seul un voile de couleurs orangées m'atteignit. J'esquissai un bref sourire mélancolique avant d'avoir un mouvement de recul au bruit de pas venant vers le salon.

Personne n'entra.

Inspirant longuement, je reprenais mon calme et me dirigeai vers ce piano qui ne m'était plus inconnu. Un Pleyel à queue, boisé aux courbes à la fois douces et authentiques. Je m'avançai jusqu'à l'instrument et effleurai les dames blanches et noires qui le composait. Délicates voix unifiées. Toucher souple et ferme à la fois. Lorsqu'enfant on m'apprit à en jouer, je ne percevais pas la nuance des sensations que ma préceptrice me décrivait. Le double sens que les notes pouvaient avoir à entrer ainsi en communion avec notre âme. Une danse venant du cœur. Frappe sensuelle berçante ou provocante. Une séduction de l'ouïe pour atteindre le fond de notre être... Comme je me sentais libre en jouant du piano. Si ça n'avait pas la portée de l'effort salvateur de la danse qui était mon principal passe-temps, je nourrissais envers la musique une passion émotionnelle forte.

Et bientôt, à fermer les yeux, humer l'odeur du bois traité, mes mains furent happées par les touches à dessiner une mélodie mélancolique et forte à la fois. Un exutoire de ces tourments qui s'étaient tissé une place de choix dans mon être. Pour ce que ça pouvait m'apporter de bien comme de mal. Cette douleur faisait, à présent, partie de moi. Rien ne pourrait l'effacer, jamais...

Plusieurs minutes s'écoulèrent où je ne me préoccupais guère des oreilles que les murs pouvaient avoir. Des domestiques qui pourraient potentiellement troubler la danse de mes doigts sur les touches, oubliant même l'arrivée sûrement à présent imminente de Jesper. Tout ceci me paraissait être à des années lumières alors que, les yeux fermés, je faisais résonner cette mélodie au travers des murs.
@"Jesper"

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Danse avec moi, poupée de crinoline. Deviens ma proie, libertine. Vierge aux abois, vas et viens, défais-moi donc ce lit a baldaquin qu'en 2 temps 3 mouvements l'on badine. Sonnez l'hallali sonnez ma mise à mort. Sonnez l'hallali sonnez ma mort.


Dernière édition par Vanka le Sam 29 Sep - 19:28, édité 1 fois
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Vanka
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Lun 24 Sep - 5:23

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Plongée dans cette mélopée aux pensées précieuses, notes si délicates et profondes à la fois, mes sens occultaient tout ce qui pouvait se passer autour de moi. Des songes versés sur les touches telles des larmes chatoyantes, la mélodie allait et venait. S'arrêtait puis reprenait. Arborant les contours graciles d'une sensibilité que je ne devrais pourtant pas afficher. Mais ce bien fou que me procurait la musique... cette confidence qui allégeait le cœur, apaisait l'âme... j'en ressentais un indéniable besoin que le silence respecta.

Jusqu'à ce grincement. Ce bois traître. Matière vivante qui rappelait à l'ordre les occupant de cette demeure ancienne. Mes doigts se figèrent et une main sur l'épaule me fit tressaillir. Si elle ne touchait guère mes plaies, cela suffit à me ramener à cette dure réalité. Les yeux humides, touchée par mes propres mots joués sans pour autant avoir pris le temps de les écouter.

La voix caverneuse de Jesper se voulait calme. Sans colère ni aigreur. Une tempête s'annonçait pourtant. Me faisait frissonner d'effroi. Je m'attendais aux réprimandes, aux injures sur ma nature, déloyauté affichée par la bipolarité de ces gènes qui constituaient mon être. Un rebut de la nature, une abjecte créature qui n'aurait jamais dû être gardée en vie. Les semaines m'avaient convaincue de la seule place qu'il me serait possible d'occuper en ces lieux... celle d'esclave. Serviteur éternel, ou presque. À moitié vampire, à moitié humaine. J'avais tenté ma chance d'échapper à ce destin des plus mornes. Cette vie des plus froides. Et j'avais manqué mon coup. Il allait me falloir en accepter les conséquences. Ce que, étonnement, j'étais prête à faire. À encaisser les tirades de Jesper qui viendraient à me poignarder la poitrine comme tant d'autres fois. Me raccrochant aux paroles d'Ezelve, espérant la lumière se lèverait un jour à l'horizon et qu'il me serait donné de la contempler librement.

Après quelques secondes paralysée par sa main, je me levai et m'éloignai de deux pas du piano. Regard fuyant, traits encore éreintés des coups de fouet de la veille, je m'étais éloignée du vampire. « Désolée, je ne voulais pas déranger... depuis com... » Je stoppai mes mots, me rendant compte que je ne voulais pas vraiment avoir de réponse à cette question. Ni réellement la poser à vrai dire. Et il ne m'avait pas autorisée à parler... Relevant légèrement le regard, je vis au-dessus de ses bras croiser la naissante d'un sourire. Mon cœur força le rythme et je cille longuement avant de croiser mes bras à mon tour, voulant éviter que l'angoisse du châtiment à venir ne m'envahisse. Je n'ai pas souvenir qu'un seul de ses rires ait été bienveillant à mon égard. De quoi me rendre des plus méfiantes, surtout au vu de l'affront que j'avais fait. La mort, c'est sans doute la sanction qu'Ezelve aurait dû exécuter, j'en avais conscience.
@Jesper

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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Lun 24 Sep - 7:01

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Il allait falloir bien faire. Et pour cela, respecter les règles dictées par le maître des lieux. Au choix de revenir s'alliait le choix de se contraindre à la voix de Jesper. Étais-je seulement prête ? Je l'espérais. Car loin de moi l'envie de périr au fond des oubliettes ou de mourir sur le champ.

Ma prise de parole abandonnée se poursuivit au son de la voix du vampire. Depuis combien de temps était-il là, à m'observer, m'écouter jouer ? Il ne savait le quantifier. Pommettes légèrement rougissantes, air coupable plus qu'affiché au visage. Jesper ajouta une remarque sur son ignorance à mon sujet. J'aurais préféré me taire, ne rien laisser filer de ma pensée... « À croire qu'avant d'arriver ici, les humains ont une vie. » Un ton sec auquel je n'aspirais guère mais qui se déroba à mon contrôle. Me pinçant les lèvres, je ne pus cependant réfuter les mots lancés.

À ma grande surprise, il ne pipa mot. Se contentant de m'observer sous toutes les coutures. Sa réaction, ou plutôt ce manque de réaction, m'étonnait. Ou il était particulièrement de bonne humeur, ou il me réservait un sort bien pire que sa fureur. Rien ne vint. Hormis ce regard persistant. Cette façon qu'il avait de me dévisager me dérangeait...

Ma robe ? Il souhaitait que je l'ôte pour voir l'état de mon dos. Au-delà de la pudeur, je ne voyais pas ce qui pouvait être intéressant à contempler à part les chairs meurtries par le fouet... c'était malsain... je ne pus me résoudre à la retirer pour toutes ces raisons. « Ce n'est pas une bonne idée », essayai-je de le retenir. Mais sa patience avait atteint la limite bêtement. Cillant de cette peur qu'il vienne à prendre de force ce qu'il n'obtenait pas de ses ordres, je m'attendais au tonnerre de sa voix. À ses mains qui vinrent, sans autorisation aucune, saisir le col de la robe et la fendre en deux. J'aurais pu la retenir et le laisser m'observer. Mais les tissus déchirés et l'équilibre du vêtement perdu, je me sentis agressée et dans un réflexe mécanique, je fis volte-face pour le gifler en plein visage.

Le claquement de ma main résonna dans ma tête comme une mise à mort. Avant même que la collision n'ait lieu, mes traits étaient déjà décomposés de regret. Paume enflammée à sa joue déjà rougissante, je m'offusquais de mon propre acte. « Pardon, pardon ! J'suis désolée... j'voulais pas... je suis désolée, je n'aurais pas dû ! Je ne voulais pas vous frapper », m'étalai-je en lamentations en prédisant que le pire pouvait toujours venir, finalement, même quand on pensait avoir touché le fond. Frapper un vampire... sûrement la plus mauvaise idée de toute ma vie.

Là aussi, sa réaction se faisait attendre. Mes yeux se noyaient de larmoiements statiques. Joues écarlates à me maudire intérieurement. Quand il sembla reporter son attention sur moi, Jesper avait enlevé sa tunique et venait se replacer derrière moi. Cette fois-ci, je ne bougeai pas d'un seul millimètre, évitant de penser à ce qu'il voyait. Les cicatrices formées étaient encore rougeoyantes. Il faudrait du temps pour que les plaies se referment. Du temps pour que seules les traces immuables deviennent visibles. Jesper revint face à moi et je n'osai confronter son regard, prenant d'une poigne frêle la tunique qu'il me tendait. Je ne perdis pas une seconde et l'enfilai. Le vampire était bien plus grand que moi, son vêtement suffisait à recouvrir mes sous-vêtements et surtout mon corps. Ne laissant que mes jambes à nu.

Comme balayant ce qui s'était passé, Jesper se concentrait sur la punition de la veille. Les coups de fouet. Deux manquaient à l'appel. J'ignorais pourquoi. J'ignorais qu'il y avait un nombre précis. Dix m'avaient paru bien assez... bien trop même. Mais je n'étais pas une adepte de la douleur alors cinq étaient parvenus à m'achever sans qu'il ne soit obligé de rajouter le double. Ni même d'ajouter la présence d'Ezelve... enfin sa présence. Plutôt ses écarts. « I-ils n'ont peut-être pas laissé de marque... ou laissée sur un autre sillon... » Déplorai-je à baisser les yeux un peu plus, ne parvenant à échapper deux larmes lorsque je les clos sur un instant trop marqué. Je passai une main sur mon visage, ne voulant pas fléchir et craquer plus que je ne l'avais fait. Je me sentais fragile et vulnérable. Sentiment que je détestais, d'autant plus lorsque je me trouvais si près de Jesper. Lui qui profitait de la moindre faille.

Alors mon ton restait détaché, impersonnel, avec pourtant ce grain de trouble annonçant la peur et l'humiliation que je ressentais au plus profond de mon être. Douze coups avaient nimbé la pièce hier. Douze. Deux dans le vent. Mais douze quand même. Je compris aux mots de Jesper qu'Ezelve m'en avait, en réalité, épargné deux. Pour une raison qui m'échappait. Même si ce qu'il s'était autorisé à me faire ressentir n'était visiblement qu'un plus auquel il n'aurait peut-être pas dû avoir recours... Peu importait en cet instant. Je ne voulais pas qu'il vienne à être réprimandé par ma faute.
@Jesper

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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Mar 25 Sep - 13:25

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Penaude, j'attendais une réaction mais ne reçu que l'incrédibilité dans son regard. Peinée à l'idée qu'Ezelve ne vienne à être réprimandé pour son manque de rigueur dans sa tâche, je me sentais coupable de ne pas avoir pu être plus persuasive. Rien de ses gestes ou de ses mots n'annonçait une sentence qui, pourtant allait tomber. S'il me malmenait pour la moindre erreur, à quoi devais-je m'attendre devant la gifle portée ? J'en tremblais déjà de peur.

Pouvoir par la peur. Une bien sombre stratégie qui n'amenait ni loyauté ni bienveillance. Pourquoi sa maison ne s'était-elle encore jamais retournée contre lui ? Pourquoi les autres esclaves ne s'étaient jamais révoltés ? La peur n'était qu'une barrière, il fallait avoir du courage pour la traverser, mais elle pouvait l'être. Au sacrifice des uns, peut-être, mais pour l'intégrité des autres. Ou même sa propre estime de soi... être ainsi dirigé par une créature, aussi féroce et dangereuse qu'elle puisse être, c'était dégradant. Il devait y avoir un moyen de le mettre à mal, de le blesser et d'obtenir de lui de meilleurs traitement. Voire même tout simplement de le tuer quitte à ce que les conséquences nous atteignent tous. Au moins ce vampire-la ne ferait plus de mal à aucun humain ni autre créature...

À ces pensées de le voir agoniser et plier à son tour aux suppliques, à craindre ses gens, j'avais le sentiment de reprendre le dessus. Une simple illusion qui permit d'assécher mes yeux alors que le maître venait prendre place, presque innocemment, sur le banc du piano. Figée, presque penaude, on aurait cru que j'attendais patiemment d'être congédiée. Mais au lieu de sa voix me demandant de déguerpir pour lui laisser un moment de tranquillité, ce sont des notes qui jaillir. Des notes reconnaissables entre mille autres. Celles de Ludwig van Beethoven. Probablement mon compositeur préféré. Celui que l'on mit tant de temps avant de m'apprendre. Ce morceau avait cette teinte à la fois obscure et tendre. Cette dichotomie affichée d'espoir et de fatalité. De regrets et de rêves...

Une musique qui méritait un bien meilleur piano. Un pianiste qui méritait un bien meilleur public... Sa façon de jouer... certainement influencée par les siècles de pratique que je n'avais guère derrière moi, avait une force douce pareille à nulle autre... Comme si les notes avaient remplacé les mots. Les yeux fermés, je m'accordais d'apprécier la mélopée harmonieuse. Cette fois, l'idée d'obéissance servait mes intérêts ; s'il était clair que dans ce moment Jesper aspirait à être seul, à s'abandonner dans la musique sans gêne extérieure, je pourrais me justifier d'attendre son ordre pour quitter la pièce. Instinctivement, mes doigts dessinaient discrètement les touches du piano. Mon esprit voyageait à mes yeux clos, au filigrane des dames noires et blanches qui s'égaraient.

Lui volant ces notes, comme à lire une page remplie de ses pensées, j'étais un pirate. Forban mélodieux qui avait cure des dommages qu'il causait. Mais à rouvrir les yeux, je me demandai s'ils ne m'avaient pas plutôt livré cette mélodie par volonté. Ce qui me réveilla et me ramena sur terre. Ça n'avait rien d'une sentence et semblait tout aussi dangereux qu'une gifle laissée sans réprimande. Je devais partir, ne comprenant pas assez ses intentions. S'il cherchait à me faire croire que ma désinvolture n'avait aucune importance, son geste était des plus maladroit. Car je savais pertinemment que tout ceci ne resterait pas impuni. Et à ce titre, partager cet instant n'avait rien d'une complicité bienveillante entre deux pianistes. Un guet-append, voilà tout ce que cela m'inspirait. Je n'étais pas assez sotte pour me jeter dans la gueule du loup. Alors, embarrassée, je me décidai à quitter mes racines pour partir d'un pas pressé sans dire un mot.
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Mer 26 Sep - 3:29

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Résidait en ses notes une émotion qui semblait n'appartenir qu'à lui. La valse d'un sentiment mêlé à un souvenir. La vie d'un vampire devait être assez remplie pour offrir à la musique des nuances jamais soupçonnées par les humains.

L'air devenait intime, je me sentais de trop, et de loin. J'avais préféré tenter la fuite. Mais au dernier instant, alors que la porte n'était plus qu'à trois pas, la musique cessa. Je retournai la tête, sens en alerte. Mais il n'était plus sur le banc. Regardant à nouveau devant moi, j'avais deviné son mouvement. Placé en obstacle à ma dérobade. Un air menaçant sur le visage. Ma contrition en réponse haletante.

Cela se sentait. Je le sentais comme un animal peut sentir la peur. Je ressentais sa colère monter. Une impulsion que le vampire paraissait contrôler. Ce n'était pas pour me rassurer, mais au moins cette fois je ne lui envoyais pas ma main en plein visage ; me restait-il encore une chance de ne pas finir en confettis ?

Ses lèvres s'entrouvrirent et je ne pus m'empêcher de les regarder. Mais aucun mot n'en sortait. Je plissai légèrement les yeux, perplexe. Jesper finit par avancer que sa musique ne me plaisait guère et ce, d'une voix basse de celle qui pourraient s'avérer rassurante. Dubitative, l'incompréhension se lisait sur mes traits. Il n'était pas comme d'habitude... je n'arrivais pas à déterminer son humeur, ses intentions. En même temps, je n'ai jamais vraiment su à quoi m'attendre avec lui... Mais là, c'était encore plus étrange que d'ordinaire.

Prenant une seconde pour réfléchir à ma réponse, je me rendis compte qu'aucune ruse ni mensonge n'avait besoin d'être. D'un ton déconcerté et honnête, je lui donnai mon avis, non sans hésitation. Mais cette réserve était plus due à la crainte des idées qu'il pouvait avoir derrière la tête qu'à ma réponse en elle-même. « ... Si. C'est... Objectivement magnifique. Je... J'ai juste... Je pensais que vous préféreriez que je vous laisse seul », avouai-je sans grand détour.

Cela ne me disait cependant toujours pas à quoi m'en tenir. Ses lèvres se courbèrent et son rire caustique que j'abhorrais retenti dans la pièce. Le vampire porta sa main à mon visage, sans agressivité aucune. Alors qu'il effleurait mon visage, je pris sur moi et baissai les yeux. Imposant à mes jambes de ne pas me faire reculer. À mes bras de ne pas le repousser. La punition de la veille m'avait servie de leçon : je devais tenir ma place. Ma place était celle d'un objet qui devait faire ce que son propriétaire lui demandait. Navrant constat auquel j'allais peiner à me plier. En valait pour preuve ces quelques minutes désastreuses où j'avais répondu et giflé Jesper. Je n'étais pas faite pour la servitude... même cela représentait un échec.

Ses mots visèrent assez juste pour m'interpeller et me faire croiser à nouveau son regard, levant les yeux sans relever la tête. Cela me donnait plus un air prédateur que de chien battu. Mais oui, j'étais bel et bien perdue. Jesper m'était si... imprévisible. Je m'en retrouvais décontenancée. Oubliant presque la sentence que je redoutais, mon enveloppe charnelle se transformait en un pot de fleur conciliant. Sans réponse, sans geste si aucun ordre n'était donné. Il avait comme... annulé les forces qui se démenaient en moi.

Un détour et le voici à nouveau installé face au Pleyel. Figée, je n'ose bouger. Tel un soldat laissé à son poste. Car Jesper appuyait ce fait : il se serait manifesté s'il avait souhaité que je sorte. Le fait que le vampire soit absorbé par la musique qui émanait de ses doigts n'aurait pas empêché sa volonté de s'exprimer. Le fait que la créature de sang me nomme par mon espèce me piqua le cœur. Tant de fois ma nature m'était reprochée et martelée comme impure, abjecte et repoussante, que ce seul mot était devenu une insulte dont j'aurais aimé pouvoir me laver. Le pire étant que pour les vampires, cette hérésie dans mes gènes était marquée sur mon front. Un parfait spot publicitaire pour rappeler aux vampires qu'il fallait sortir couvert.

Et alors les instructions tombèrent avec fermeté. Contre toute attente. Que je m'assois et joue ? Sur la seconde où ma matière grise tentait d'analyser l'information, je sentis un léger frisson me traverser. Ce n'était pas une sensation désagréable, ni plaisante à vrai dire. Seulement la satisfaction d'être autorisée à jouer ? Même si c'était pour lui, au moins me serait-il donné de faire une chose que j'aimais sans me cacher de quiconque... Je ne mis que cette seconde à réfléchir avant de me déplacer jusqu'au banc. Me glissant entre le piano et l'assise, je prenais place à la droite de Jesper. Instinctivement, une distance se maintenait entre nous. Pour une raison que j'ignorais, me retrouver assise à côté de lui m'intimidait quelque peu.

Le vampire se remit à jouer avant que je n'ai eu l'occasion de m'approprier la moindre touche. Cet air qu'il jouait telle une incessante ritournelle. Il m'était donné de l'observer jouer de près. Donné à mes yeux de remonter ses mains, ses bras, atteignant son visage. L'expression qu'il affichait était bien différente de celles que je lui connaissais. Aucune rancœur, aucun dégoût, aucune colère. Ses traits dépeignait une sensibilité que l'on pouvait aisément associer à cette mélodie volée. Jesper pourrait, ainsi, presque avoir l'air humain.

J'en fus déboussolée un instant. Il aurait été sage de reprendre mes esprits, mais la musique était plus forte que cette volonté fugace. Fermant les yeux, je ne les rouvris qu'à la fin du morceau. Il allait reprendre. Ma main droit vint se placer avant que sa dextre n'en ait le temps. Je sentis un regard volage se poser sur moi. Mais d'un naturel millimétré, sa main gauche poursuivait sa course. Un échauffement satiné que nous empruntions tout deux à Beethoven. Une adresse où nos deux personnalités semblaient s'exprimer. Nos doigts vagabondant de concert sur le Pleyel usager. Inspirations lentes expirées ou retenues. Nous nous laissions transporter dans un naturel déstabilisant.

Sur la partition, nos mains proches vinrent à s'effleurer par inadvertance. Un frémissement d'interdit m'éprit et cessa la mélodie, bravant l'harmonie. Mon regard venant prestement quérir le sien dans une expression presque désolée. Ça me paraissait irréel... comme si, à cet instant, je n'étais plus dhampire, ni lui vampire. Comme si tout ce qui entourait cette musique n'avait strictement plus aucune importance... Quelques secondes qui paraissaient bien lentes et où mes jouent semblèrent brûler d'un feu incandescent. Mais dans un instinct de survie, je replaçai correctement mes doigts et tentai de poursuivre le morceau joué.
@Jesper

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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Mer 26 Sep - 20:02

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Instant gêné d'un regard sitôt rassuré par les notes auxquelles je me raccrochais. Ses lèvres s'étaient courbées dans un sourire qui n'avait - pour une fois - rien de malveillant. De quoi m'interroger... mais je préférai me fermer, laisser la musique parler. Éloquente mélodies attisant les sens. Sans doute avions-nous tout deux déjà versé des larmes sur ce morceau joué de concert auparavant. À des centaines de kilomètres l'un de l'autre.

Comme le Danemark me paraissait loin...

Occultant l'incident de nos deux mains s'effleurant dans une caresse commanditée par l'ondulation suave de nos doigts sur le Pleyel, la musique se poursuivait. Je ne remarquai que bien tard son regard posé sur moi. Il détourna ses yeux à l'instant où je tournai la tête pour en attester. Jesper agissait plus qu'étrangement. Mais peu importait. Le piano m'apaisait, aspirait une part de mon âme que je léguais avec un plaisir incommensurable. Le fait que je puisse jouer valait la peine de supporter sa présence et ce côté lunatique latent. Et ce même s'il fallait partager le piano avec lui.

Le vampire finit par arrêter et se lever. Mes doigts ralentissant leur course, je ne détournai pas mes yeux des dames du piano, me contentant de l'écouter : continue. Alors je me replaçai correctement, poursuivant le Silence, y ajoutant ces notes qui me tenaient à cœur. Cette mélodie changeante qui se voulait être ma voix. Le chant d'une âme à la dérive raccrochée à de si frêles espoirs... Une envie d'être quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre. Cette incapacité à m'accepter. Cette rancœur profonde, silencieuse, face à ceux qui m'ont créée, puis cet esprit qui m'avait conduite jusqu'à cette île... Une mélodie qui n'avait rien d'enragée. Non. En réalité, elle évoquait la culpabilité, les remords, l'abandon, et en un sens la fatalité.

La pièce, peu à peu, perdait ce halo nacré de la lune pénétrant au travers des rideaux fins, pour laisser place à la lueur des bougies qu'allumait le propriétaire des lieux. L'argent se mêlant à présent à la chaleur des lumières jaunâtres, je le sentis s'approcher. Me surplombant. Il s'approchait de trop, prenant presque appui sur le banc où je me trouvais. Cela m'empêchait de conserver cette mince distance entre nous que j'avais su préserver jusqu'à lors.

Sa proximité me rendait mal à l'aise, et sans doute s'était-ce légèrement entendu au toucher que s'apposait pour réveiller les notes. D'une voix calme qui ne semblait pourtant pas laisser de place à la moindre contradiction, Jesper me demanda de parler de moi, de ce que j'aimais. Fronçant les sourcils, je sentis une nouvelle fois mon cœur s'accélérer, la peur s’immiscer. « Est-ce un test ? Demandai-je sans répondre après un court silence. Un moyen supplémentaire pour mieux me blesser ensuite ? » Mon ton n'avait rien d'agressif ni de désinvolte. Même si, par définition, le fait de poser une question plutôt que de lui répondre, constituait un affront à son autorité. Jesper me soutint que là n'était pas son objectif, qu'il voulait connaître ce qui l'appartenait. Comment croire qu'il pouvait s'intéresser à qui j'étais sans arrière pensée ? Impossible.

Sa demande était bancale et inconvenante. Si je trouvais l'intérêt qu'avait le passé d'un objet, c'était plus qu'outrancier d'insinuer que c'était là mon niveau. Il s'agissait d'un point auquel je ne me faisais pas. Auquel je ne voulais pas me faire. Le jour où je l'accepterai serait le début de la fin. Je n'avais absolument aucune confiance en lui... mais il n'allait certainement pas me laisser de choix.

Alors, poursuivant cette improvisation mélodieuse dont le rythme ralentissait peu à peu, je tâchai de retenir l'impulsion qui me criait de le laisser sur la touche. « J'aime la musique. La danse. Toute forme d'art à vrai dire. Tout ce qui peut permettre de s'exprimer. Que ce soit fait de mots, d'images ou de sons. J'aurais pu faire de grandes études, mais je n'ai jamais été faite pour les bancs de l'école. Je préfère le travail manuel. J'ai choisi l'ébénisterie. Travailler une matière vivante, ça avait quelque chose de beau. Une sorte de communion que l'on retrouve avec l'art. J'aime l'histoire, les petites choses qui font le bonheur d'une vie, et jusqu'à cette expédition vers le triangle des Bermudes, j'aimais encore l'inconnu », terminai-je sans m'arrêter de jouer. La musique me canalisait. Évitait que je ne me braque. Je dirais même que ça m'avait rendue bien plus loquace que prévu... Trop, à mon goût. Je n'étais pas à l'aise à l'idée qu'il vienne à connaître la personne que j'étais et que je suis encore. Mais Jesper était d'une humeur que jamais je ne lui aurais soupçonnée, risquer de briser ça serait un acte entièrement masochiste.
@Jesper

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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Mer 26 Sep - 23:34

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Plus bavarde que je n'aurais souhaité, trop pour rester sereine à l'idée qu'il vienne à me connaître, mes traits se crispèrent légèrement. Loin d'être à l'aise, et cela se voyait sans doute. Je m'en voulais déjà d'avoir accepté de jouer... bien qu'il m'était difficile de voir quel mauvais dessein cela pouvait couvrir, je restais méfiante.

Son interrogation se porta sur l'idée que j'avais omis de lui parler de ma profession. Ma réponse fut d'un naturel presque déconcertant. « Vous ne m'avez jamais posé la question. » Un ton neutre alors que ma voix, comme si se calait sur les notes, se faisait douce. En dehors de mes crises de colère, je n'avais pas souvenir d'avoir autant parlé avec Jesper qu'à cet instant...

Une proposition succincte d'alors travailler pour lui. L'atelier de Jesper fabriquait bon nombre de meubles et sculptures boisées. On m'avait vendu les mérites des produits qui sortaient de son atelier. J'étais étonnée de voir qu'un vampire tel que lui s'adonnait à de l'artisanat. Enfin, allez savoir, si ça se trouve, il n'avait jamais travailler le bois lui-même. En tout cas, je laissai sa proposition en suspend, poursuivant la mélodie à la lumière ondulatoire des chandeliers.

Face à cela, l'art revint sur le tapis. Sa quête de renseignements allait tourner à l'interrogatoire s'il restait ainsi campé derrière moi... Comme si Jesper lisait dans mes pensées, je l'entendis s'éloigner. Me gardant de voir où il allait, je restais concentrée sur le piano et la musique que je jouais en poursuivant notre conversation. « Je dansais. C'est un sport que j'ai toujours aimé. J'avais une professeure de ballet lorsque j'étais enfant, puis en grandissant je me suis tournée vers la danse contemporaine. Loin de l'intransigeance, plus près de l'expression personnelle. » Après avoir trifouillé je ne sais quoi dans un placard, revint à côté du piano.

Interrompant la musique d'un ordre calme, je m'exécutai et m'éloignai. Dubitative, je le toisai d'un regard perplexe. Toutefois, en voyant l'humaine entrer, je compris son geste. Je n'étais pas très appréciée de ses autres esclaves... Dhampire et selon Ezelve, traitée bien différemment que les autres. De quoi attiser leur animosité. Je ne serais pas étonnée d'apprendre que c'est là un fait recherché par Jesper : me couper du monde. Même de ses domestiques. Ce qui pouvait être compréhensible... comment pouvait-on savoir ce dont une créature telle que moi pouvait être capable de faire ?

Il lui tendit un papier où était noté ce qu'il voulait qu'elle ramène. Difficile de cacher la curiosité qui commençait à me nouer le ventre, à me demander ce que le vampire préparait. Comme si tout ce calme, cette indulgence, ne présageait qu'une tempête dont je serai incapable de me relever.

La peur revenait me guetter.

C'est à reculons qu'à sa demande, je pris une nouvelle fois place devant le Pleyel. Une musique joyeuse ? Je ne trouvai guère de Grande Musique s'y apparentant. Ou plutôt, je n'avais pas le cœur à les jouer. Alors je me rabattis sur un air plus commun sans prétention mais dont je maîtrisais la technique. « Et vous alors ? Qu'aimez-vous ? » Lui demandai-je en jetant un bref regard sur sa position. Après tout, s'il me posait ces question de manière désintéressée, c'est qu'il était à même de se confier en retour.
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Jeu 27 Sep - 12:52

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On ne s'inventait pas. Et nos goûts allaient naturellement vers ce qui nous correspondait. En tout cas lorsqu'on savait chercher ce qui pouvait nous convenir. J'avais eu cette chance que beaucoup n'ont pas : la possibilité d'essayer bien des choses. Mes parents adoptifs avaient cela à leur crédit qu'ils m'avaient ouverte au monde. J'en étais devenue curieuse de tout, intéressée par tout et n'importe quoi. Même si j'aurais préféré recevoir leur affection, je n'avais pas à me plaindre de leur éducation. Cette dernière était, de plus, pour le plus grand malheur de Jesper. Comment soumettre une âme qui n'avait, auparavant, jamais reçu d'autre interdit que celui de mal se tenir à table ?

Le retournement de question sembla étonner le vampire. Concentrée sur le piano, je m'autorisai à jeter un œil vers lui. Un bref regard où je pus constater sa réflexion, yeux rivés au sol, perdus. Peut-être une question à ne pas lui poser. Peut-être ignorait-il qui il était et ce qu'il aimait ? Ne souhaitant pas m'attirer ses foudres, je me focalisai à nouveau sur le mouvement de mes doigts.

Sa réponse laissait entendre un sourire sincère. De quoi étonner... je ne relevai pas, l'écoutant entre les notes qui virevoltaient. Jesper me décrivit ses goût avec ce toujours éloquent. Le piano, le dessin, l'équitation, l'odeur d'une bougie soufflée, la pluie sur son visage, le silence de ses rêveries. J'ignorai pourquoi, mais le début d'un sourire vint légèrement courber mes lèvres sans que je ne m'en rende compte. Cependant, lorsqu'il vint à lancer que son passe-temps préféré était de m'ennuyer, mes traits se refermèrent. Mes doigts restèrent même en suspend un instant alors qu'un éclat de rire retentissait à cette affirmation. Si sa remarque jeta un nouveau froid, au moins je pouvais me rappeler de ce qu'il était. Néanmoins, malgré cette phrase et la robe déchirée lorsque parce que je n'avais accepté de la retirer, des excuses vinrent troubler ce nouveau semblant d'équilibre.

Je ne jouais plus, posant mes mains sur mes cuisses à peine recouvertes de la tunique qu'il m'avait passée. Elle s'évadait d'une épaule, le cordon la resserrant étant resté complètement délié. Du bout des doigts je serrai les manches trop longues vers mes paumes sans quitter Jesper du regard. « Ce doit être de l'humour vampire je suppose... » lançai-je, contrite. « Pourquoi cet acharnement ? Si je suis aussi inférieure que vous le dites, pourquoi vous donner tant de mal alors que vous pourriez me tuer d'un seul souhait ? » Le questionnai-je à voix basse sur un ton des plus dubitatifs. Je craignais sa réponse, de lui inspirer la moindre mauvaise intention à mon égard, mais je voulais savoir... Savoir à quoi rimait cette soirée au milieu de toutes ces autres passées à me morfondre de ses nouvelles inventions pour me torturer l'esprit. Était-ce de la pitié ? De voir une créature telle que moi, de vouloir tout faire pour que je l'accepte et pouvoir m'épargner de vivre au milieu des autres qui n'hésiteraient pas à me tuer ? En me souffrant, faisait-il sa BA du siècle ?
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Jeu 27 Sep - 18:32

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Ma question était houleuse, j'en pris rapidement conscience. Mon rythme cardiaque s'accélérait à mesure que les secondes passaient mais j'œuvrais pour rester visiblement impassible. Cillant à l'entendre prononcer mon prénom, je l'écoutai avec attention avant de le fustiger du regard à me dévoiler ses attentes. Que j'ai envie de lui obéir ? Envie d'être son esclave ? Que j'en sois ravie et que je l'en remercie à vie de m'apporter cet honneur ? Il me donnait la nausée.

Figée, je ne fis que serrer les dents pour m'empêcher de dire une bêtise ou faire un acte qu'il ne manquerait, cette fois-ci, pas de me faire regretter.

La porte frappe. Il se lève et nos regards restent accrochés l'un à l'autre. J'aurais pu tomber sur pire, sans doute. Mais j'aurais très bien pu ne pas être réduite à l'esclavage du tout. Comment pouvait-il espérer que j'en vienne à apprécier ma position juste parce qu'il y a pire ? Ce n'est pas parce qu'on devait choisir entre la peste et le choléra que l'on viendrait à aimer celui que l'on aura fini par choisir. C'était bien un raisonnement de vampire...

Je ne voulais pas partager d'autres nuits comme celle-ci avec lui. Je ne voulais rien partager avec lui. J'étais là parce qu'il l'avait demandé, non par envie. Je lui obéissais uniquement sur les ordres qui pouvaient m'arranger ou ne pas en être. Je n'avais aucune aspiration à lui être servile et à lui faciliter la tâche. Quand bien même ça l'amènerait à me tuer ou me virer de sa vie, je ne voulais pas renoncer à mon intégrité.

D'un souffle irrité, il finit par aller ouvrir la porte dont le tambourinement l'agaçait. Mon attention s'y reporta, décelant la voix de Qhesira plus que son visage, cachée par Jesper. Ignorant ce qui pouvait se tramer entre eux, ne m'étant jamais confrontée à elle autrement qu'à d'opportuns détours de couloirs, je ne pouvais que deviner son animosité à mon égard.

Une petite table à roulettes pénétra le salon, la succube laissée à la porte avec les désagréments du maître. Il poussa la table jusqu'au piano et fit se découvrir le plat. Si j'appréhendais ce qui pouvait se cacher là-dessous, les odeurs de nourriture me creusèrent le ventre en une seule fraction de seconde. Je n'avais pas l'impression de réellement dévorer des yeux ces mets, pourtant Jesper sembla satisfait de me voir apprécier ces odeurs, m'autorisant à me servir.

Levant les yeux vers lui, sourcils légèrement froncés, je me mordillais l'intérieur des lèvres. Accepter cette nourriture opulente, bien différente des pains presque rassis et des bouillons, c'était un pas vers mon abdication. Je compris alors que Jesper me présentait les bons côtés qu'il vantait à être son serviteur.

De la nourriture, un loisir, son sourire.

Je fermai les yeux et retournai sur le piano. « On m'a déjà apporté à manger dans la journée. » Ce qu'il autorisait à ce qu'on m'apporte n'avait rien de vrais repas. De quoi éviter de gargouiller, de quoi tenir sans tomber au moindre pas que l'on fait. Un strict minimum qui, je le sentais, fragilisait ma santé, usait mes nerfs, usait ma combativité. M'affamer était une façon de m'affaiblir. L'odeur d'une coupe qui ne devait pas contenir de vin mais du sang humain me révulsa alors que je jouais un nouvel air sur le Pleyel. J'aurais aimé affirmer que le sang me dégoûtait. Mais j'étais à moitié vampire, ce qui impliquait cette envie de toujours vouloir goûter le sang, telle une ivresse gourmande. C'est ce qui me répugnait : d'en avoir tant envie...

Je m'attendais à récolter ses foudres, de refuser ainsi une faveur qu'il semblait me faire à présenter un tel buffet sous le nez d'un de ses esclaves. Mais ce refus alors que mon ventre criait famine, a un sens qui ne lui échapperait certainement pas : je ne voulais pas être son esclave. Jesper allait devoir trouver autre chose pour m'avilir. Mais même si mon regard paraissait déterminé, ma mâchoire crispée autant que mes doigts, le vampire devait intérieur jubiler de ne rien avoir à faire d'autre pour que je vienne à céder. Ne pas être à ce que je jouais me fit faire une fausse note. De quoi pousser mes nerfs... me gardant de frapper l'instrument - ce que jamais je ne me permettrai - je vins serrer les poings et expirer un soupir délétère. Évitant le regard sans doute conquérant de Jesper, je pris les couverts pour me servir de quoi rassasier mon estomac. Loin d'en mener large... une mine dépitée au visage, à me maudire d'ainsi marcher dans son jeu.
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Ven 28 Sep - 17:39

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Difficile de me dire que j'étais aussi faible. De voir ma volonté si fragile depuis mon arrivée chez Jesper. Il m'usait et usait de cette vulnérabilité pour m'épuiser un peu plus chaque jour. Une manière de m'affaiblir. J'en avais conscience. Et ce n'était qu'avec désolation que je pouvais constater cet effet pervers qu'il insistait à provoquer chez moi. Cette colère, ce sentiment d'injustice... j'avais beau les ressentir, bientôt je n'aurais plus la force de lutter et finirai par me résigner. Une vision horrifique...

Cependant, cette mélodie dans laquelle il s'était plongée s'échinait à vouloir me donner tord. Laissait entrevoir une porte ouverte sur un être qui n'était pas uniquement fait de manipulation et de mépris. Me complaire dans l'idée que Jesper n'était qu'un monstre sans cœur, sans considération et sans honneur, permettait d'alimenter cette haine que je lui vouais sans que je ne me pose la moindre question. Ce ne pouvait être qu'un monstre. Le résumer ainsi, le réduire à cet état, m'empêchait de fléchir. De me dire que peut-être, ma situation actuelle n'était pas pire qu'une autre. Je ne voulais pas y croire. Je ne voulais pas le laisser m'obtenir.

Accepter ce repas était pourtant un pas navrant vers son vœu. Déplorant ce fait, je restais silencieuse. Profitant des mets présentés avec parcimonie alors que mon ventre me suppliait de tout dévorer jusqu'à la dernière miette.

Comme si de rien était, le vampire s’enquit de mes origines. Une habile manière de m'éviter ces questionnement sur un acte pourtant sensé être banal : manger. Une pointe de regret d'ainsi abdiquer, sans détacher mes yeux des plats, ne voulant risquer de capter son regard. « Maintenant ? J'en sais trop rien... Une course effréné au capitalisme, conflits de cultures et d'intérêts dans une mondialisation toujours plus uniformisante... Le monde me reste inconnu, m'étalai-je en des circonvolutions abstraites. Je n'ai jamais vécu ailleurs qu'à Aarhus, au Danemark, à avoir grandi dans une bulle dorée. » Une origine qui justifiait le léger accent que portait mon anglais pourtant parfait par les corrections des précepteurs. « Je dois accorder à cette île de ne plus étouffer dans les bras d'une grande ville... Sans les vampires, ce serait sans doute l'image d'un coin de paradis », échappai-je d'une voix devenant de plus en plus basse, ne faisant pas attention à mes yeux qui se relevait vers les siens.

À la fois appréhendant le fait qu'il m'entende considérer son espèce comme une pollution et m'étonnant du fait que sur l'instant, je ne l'avais même pas mis dans le lot des nuisibles. Une brève étincelle qui suffisait à vouloir priver mon être d'oxygène pour étouffer ce soupçon de lumière. Doucement, je revins à la nourriture proposée, pinçant mes lèvres entre elles, gênée de parvenir à trouver ne serait-ce qu'un si petit atome de sentiment positif envers ce vampire. Altération d'une réalité en laquelle je voulais tant croire : manichéisme naïf auquel je me raccrochais, à me permettre de voir ces monstres uniquement pour ce qu'ils peuvent être de mauvais. Me fermer à l'idée qu'ils puissent être des êtres d'émotions et de sentiments. Son interprétation du Silence me vexait à ainsi me donner tord... Si Jesper était si dénué de sentiments, alors il n'aurait su donner cette teinte mirifique à la partition. Il ne pourrait toucher par ces émotions ajoutées à la mélodie.

Avait-il la moindre idée de l'instabilité dans laquelle sa présence me plongeait ? J'en venais à douter de tout et de rien. À ne plus être sûre de la façon dont je percevais les choses... Me poussait-il vers la folie par une pente si douce que telle la grenouille dans une casserole d'eau chauffant à petit feu, je serais brûlée vive sans même m'en rendre compte ?
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Ven 28 Sep - 22:53

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Si je ne me sentais pas à l'aise, je fus rassurée que ma remarque n'ait pas soulever plus de questions. Ce fut ma façon de manger qui l'intrigua. Bien sûr que j'avais faim... terriblement faim... Mais je n'avais pas l'intention de me jeter sur ce plateau, doutant de ce qu'il pouvait cacher. À ma lenteur et ma retenue, Jesper détermina que le plateau devrait être vide lors de la desserte. Fronçant les sourcils, je ne compris pas où il souhaitait en venir : jetterait-il bêtement tout ceci ? Sans avoir connu le manque une fois dans ma vie à part sur Heartkiller, je me trouvais pourtant gênée par cet impératif. « Vide ? Pourquoi ne pas en faire profiter les autres humains de votre maison s'il y a des restes ? » Demandai-je sur une impulsion qui pouvait très bien être mal reçue. Pourquoi ne réfléchissais-je pas avant de parler ? Comme si je n'apprenais rien des conséquences de mes impertinences...

Contre toute attente, c'est le vampire qui devint dubitatif. À croire qu'il ne comprenait pas mon intérêt pour les autres, que ce plateau - bien trop copieux pour moi malgré ma faim - pouvait profiter à d'autres que moi dans cette maison. Le plus surprenant fut son approbation. J'arquai un sourcil, esquissant un sourire que je ne pus retenir. Comme une petite victoire. À cette perspective, je me servis plus allègrement sans abuser de rien. Si je mangeais trop, j'allais être malade, c'était physique. Mais au moins je profiterai d'un vrai repas. Il en resterait bien assez pour les autres. S'ils n'auront pas une quantité égale à la mienne, je considérais ceci comme un bon compromis : accéder aux requêtes de Jesper, parvenir à en retirer quelque chose pour les autres sans qu'il ne se braque.

Il avait raison. Peut-être qu'au fond, je pourrais trouver mon compte à être à son service... Un accès de confiance que je me désolais à percevoir.

J'ignorais quoi penser du fait qu'il partage mon avis sur cette île, qu'elle serait bien mieux sans les vampires. Cillant, mon regard oscillait entre mon assiette et Jesper. Le silence redevint maître de notre échange jusqu'à ce que le vampire demande à ce que nous intervertissions nos places. Je compris sans mal qu'il souhaitait profiter du piano. Alors je m'exécutai et m'installai sur le fauteuil. Alors que l'on se croisait, je ne pus m'empêcher de remarquer les marques sur son dos. Je ne relevai guère, allant m'installer puis rapprochant mon assiette. J'avais un certain plaisir à l'écouter jouer. Si j'évitais dans faire le moindre étalage, je regardais le placement de ses mains avec attention, laissant la musique combler le vide qui nous entourait.

Les notes défilent et mon assiette se vide. J'avais le ventre plein, sentant déjà la fatigue d'après repas arriver. Reposant les couverts, je refermai la cloche et m'enfonçai dans le fauteuil, ajustant la tunique délaissée par Jesper. Lorsque la musique cessa, je m'autorisai une curiosité peut-être plus que déplacée... « D'où viennent ces marques sur votre dos ? » Un intérêt piqué, aiguisé par cette soirée à l'atmosphère des plus étranges.
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Sam 29 Sep - 2:15

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Ce n'était pas une bonne idée. Chercher à savoir plus, nourrir cette curiosité... Au vu de l'avertissement et de sa réaction, il aurait mieux fallut que je ne l'encourage pas à me répondre. Incertaine, je ne pouvais que signifier mon doute. De quoi lui donner le choix de décrire ou non cette part de ce passé dont les séquelles étaient ancrées à même sa peau.

Jesper choisit de se livrer. Au moins en partie. Il connaissait la douleur du fouet. Coups infligés par des humains. Rien d'étonnant : combien de vie humaines avait-il volé pour se nourrir ? Si on parlait de chaîne alimentaire alors il n'aurait tout simplement pas dû se laisser attraper par ses proies naturelles : les hommes. Ainsi aurait-il évité ces marques qui semblaient tant le couvrir de honte.

Un poing plongeant dans le mur jusqu'à en écailler le plâtre.

Je sursautai sur l'assise. Air hagard et décomposé. Ce n'était pas qu'une histoire de honte. Sa voix se volait d'une douleur sourde. Un poids qui lui vampirisait l'âme et le rongeait de l'intérieur. De quoi me rendre encore plus curieuse de ce qui avait pu se passer... Colère et profonde tristesse se mêlaient dans une souffrance presque palpable. Un soupir plaintif : je ne devais pas le voir ainsi. Ne pas le voir être... lui ?

La corde sensible était ébranlée. Jesper semblait désarmé. Presque... vulnérable. Ce qui le rendait plus intimidant que jamais, le dépeignant alors comme quelqu'un de lunatique dirigé par ses émotions. Si tout ce temps il avait toujours gardé le contrôle face à moi, à le toucher ainsi je comprenais que ce n'était qu'une façade. Que ce vampire n'avait rien de belliqueux. Un visage qui ne devait être réservé qu'à ses semblables. En ces murs, il ne m'avait laissé qu'apercevoir le pire de ce qu'il pouvait être. Dans quel but ? Un simple passe-temps ? Ce ne serait pas étonnant... j'ignorais combien d'années Jesper avait, mais peut-être que passé un certain nombre d'années sur Terre, il fallait puiser dans ces délires sadiques pour trouver quelque chose d'amusant. Briser les faibles humains, ça devait n'être qu'un jeu pour lui.

Toutefois, je n'en restais pas moins perturbée. Peu consciente des conséquences que pourrait avoir ce visage mis à nu. À ses réactions, je comprenais qu'au fond, il n'avait pas voulu se confier ainsi. Ça avait beau être succinct comme explication, ça paraissait lui avoir coûté... Doucement, je me levai. Il avait l'air absorbé par les rayons de l'astre nocturne. La lumière argentée lui dessinait une aura. De pas lents, je traversai le salon pour arriver à sa hauteur. Une fois face à son dos, fixant les rainures imprimées sur son épiderme, j'en approchai ma main. Du bout des doigts, plus imprudente qu'audacieuse, je voulais les toucher. Frôlant sa peau meurtrie, je commençai à dessiner une première marque. Absorbée par les entrelacs, j'avais l'impression de voir ce qu'allaient devenir ces traces que je portais désormais. Sa peau s'hérissa d'un frisson, ses muscles se contractant d'un à coup. Je retirai ma main à craindre un revers impulsif, mais repris à voir qu'il ne semble pas réagir plus que cela.

Fascination morbide de voir ces marques livrer bataille sur ce dos aux contours dessinés par cette musculature offrant à sa carrure une présence imposante. Je voulais savoir pourquoi ils lui avaient fait ça. Comment il s'en était sorti. Mais ces questions restèrent en suspend sur mes lèvres entrouvertes alors que mes yeux surlignaient le passage gracieux de ma dextre sur les cicatrices qui rendaient sa peau rugueuse. L'instant avait quelque chose de solennel alors que j'entendais les échos de Silence résonner dans ma tête. Je voulais en savoir plus sur lui. Il devait avoir vécu tant de choses, traversé tant d'épreuves... une mine d'or de savoir et d'expérience. Une qualité que je pouvais lui accorder.
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MessageSujet: Re: a1. He left a note and this melody ᚬ Klesper   Sam 29 Sep - 3:55

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Il m'aurait fallut rester sur mes gardes. Ne pas me laisser aspirer ainsi par ses marques auxquelles j'inventais une raison d'être sans faire attention à l'effet que cela pourrait procurer au vampire.

Remontant la piste jusqu'à la naissance de sa nuque, il fit soudainement volte-face, saisissant mon corps qui se liquéfia littéralement. Ma main recroquevillée entre ma poitrine et son torse. Enlacement à la fois ferme et délicat, comme si j'étais une petite fleur qu'il ne voulait écraser et en même temps ne voulait laisser lui échapper. J'en étais pétrifiée, immobile, yeux ébahis. Mon cœur battait alors que mon souffle me manqua bien deux secondes avant de s'accélérer. J'avais envie de le repousser de lui hurler de s'éloigner, mais je n'en fis rien. Catatonique à son toucher. Immobile à la turgescence naissant à l'orée de mes cuisses.

Quelque chose n'allait pas chez ce vampire, c'était acté. Combien de temps dura ce contact ? Ce moment où ses bras m'encerclaient, où ma main droite fut prisonnière de nos bustes, tunique froissée par son étreinte et mes doigts s'imprimant sur son torse à nu. La peur me faisait frémir et en même temps, un espoir bref et intangible me traversant m'invitait à lui rendre cette étreinte volée. Mais j'étais incapable de bouger le moindre cil, bien trop effrayée par la tournure que tout ceci pouvait avoir.

Heureusement, de lui-même, Jesper finit par se reculer, retournant contre la fenêtre. Je restai béate sous le choc d'un tel acte. Une impression d'avoir tenu en apnée jusqu'à ce moment où ma respiration se calmait à nouveau. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas quoi ? Jesper était perdu, loin d'ici, loin de nous, loin de tout. Mais sa bénédiction pour que je puisse enfin partir retentit tel le glas d'une délivrance tant attendue. Un soulagement qui me rendit mes moyens.

Visiblement, j'avais bien fait de ne pas creuser... de ne pas chercher à en savoir plus sur les causes de ces blessures indélébiles. Reculant de quelques pas, je heurtai le banc du piano et me laissai tomber dessus, assise. Reprenant mes esprits, je passai une main sur mon visage à me demander ce que j'avais fait. Essayant de comprendre ce qui se passait. Je pouvais partir. Si seulement tous ses ordres avaient cette nuance... En faisant le moins de bruits possibles, je pivotai sur le banc pour être face aux touches. Priant pour que cela apaise son âme, pour que cela lui évite de m'en vouloir d'avoir été si curieuse et intrusive, je me mis à jouer cette mélodie qu'il avait laissé échapper. Sur cette note avec laquelle il avait début. Silence.
@Jesper

_________________
Danse avec moi, poupée de crinoline. Deviens ma proie, libertine. Vierge aux abois, vas et viens, défais-moi donc ce lit a baldaquin qu'en 2 temps 3 mouvements l'on badine. Sonnez l'hallali sonnez ma mise à mort. Sonnez l'hallali sonnez ma mort.
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