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 a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve

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Vanka
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MessageSujet: a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve   Mer 19 Sep - 22:33

Cadence of the wind


À l'heure où s'endorment les loups voguent les souris. Petits êtres futiles face à la suprématie vampirique. Si insignifiants à leur monde et pourtant si indispensables... Avions-nous un levier ? Enfin nous... je savais très bien que mon sang n'était pas ce qui éveillait l'appétit de celui qu'il me fallait appeler maître. À moitié humaine, à moitié savoureuse. Pourtant, je devais bien avoir quelque chose de particulier qui le poussait à m'entretenir.

Être une dhampire. Il y avait sans doute plus. Un plus dont j'ignorais tout. Car bien que rares, les hybrides n'étaient pas inconnus d'Heartkiller.

Une race à part ? Non, une erreur. C'était tout ce que je représentais : une erreur. Et je devais être reconnaissante envers Jesper de m'avoir épargnée... épargnée ? D'aucun comprendrait que de voir sa vie être épargnée en de telles circonstances serait une véritable torture. Et pourtant, je m'accrochais à cette idée... Effectivement, j'étais en vie. Et physiquement plutôt en bonne santé. Je me sentais faiblarde, un peu à l'Ouest, mais je le devais à mon incorrigible désinvolture : je refusais de me laisser faire si aisément. De baisser les armes tout simplement parce qu'on me le demande. Alors j'ai joué. Les premiers temps tout du moins. J'ai défié celui qui prétendait être mon maître.

Il n'était rien qu'un monstre dont l'emprise se résumait à une force surhumaine et un instinct de prédateur dominateur que je n'avais guère. Était-ce un défaut de ma part ? Une lacune ? Non, je ne pensais pas ça dans ce sens. Car la part vampire qui m'habitait me permettait d'avoir ce pouvoir. En tout cas en partie. Mais je refusais de faire appel à cette nature endormie. À cette force qui m’habitait.

La dernière lubie de Jesper était de me faire user de ces particularités inhérentes à ma nature. Peu nourrie et abreuvée, j'avais été amenée jusqu'à une pièce servant visiblement d'entraînement. Un salon aux installations rudimentaires avec, au centre, une sorte de tatami. Il voulait que l'on se batte. Je ne compris pas directement. Voulait-il savoir si j'étais apte à me défendre ? Avoir un adversaire plutôt que de s'entraîner dans le vent ? Ou bien me prouver quelque chose ? J'avais d'abord refusé mais il engagea le combat. Je bloquais ses attaques, les esquivais. Évitant le combat. Mais ça ne dérangea pas Jesper de se faire violence dans l'espoir de déclencher ma colère et de me provoquer. Ce qu'il parvint à faire. Mais alors que j'essayais de lui en décoller ne serait-ce qu'une, le vampire usa de ses facultés pour m'asséner de coups sans que je ne puisse rien faire.

Incapable de me défendre, j'avais fini par abdiquer. Une fois allongée et pansée, Jesper vint me rendre visite. Il avait une coupe à la main et un autre esclave. « Tu as un moyen d'accélérer le processus de guérison, dhampire. Saisis-le, je te l'offre. » Le ton de sa voix était aussi joueur que son air enjoué. Un regard presque fasciné à l'attente de voir ce que j'allais choisir : continuer de souffrir ou me nourrir de sang pour guérir de ces blessures superficielles. Lorsqu'il comprit que je n'en ferais rien, là où on pouvait attendre un visage déçu, ses lèvres se pincèrent dans un sourire satisfait. J'avais mené un combat contre moi-même, contre ma volonté et mon instinct. Oscillant entre les deux possibilités qui s'offraient à moi. Cette tourmente intérieure, c'est peut-être ce qui le stimulait. Me voir déchirée au plus profond de mon âme... ça devait avoir l'équivalent du septième ciel pour ce détraqué.

Plusieurs jours passèrent et j'étais pratiquement rétablie. En tout cas, apte à marcher. Et au matin où je le savais endormie, où je n'avais pas vu l'ombre de ses autres esclaves ni d'Ezelve, j'avais dépassé la ligne.

Si au fond de moi que savais pertinemment que c'était une erreur, ma raison échappa à ma conscience. En état de me lever, je passai par dessus la fenêtre de la chambre où j'étais alitée. Escaladant le mur Sud en priant pour que personne ne fasse le tour de la demeure. Il n'y avait personne ici, aucun passage. Cette paroi ne donnait que sur une allée retirée menant à je ne sais quelle sortie. Que j'espérais...

Sautant pour arriver au sol, je me réceptionnai comme je pus en une roulage presque élégante. J'avais appris à tomber, cela ne me faisait pas peur. Mais mon corps était loin d'être opérationnel. Je me foulai légèrement la cheville et dus retenir un gémissement de douleur. Sans perdre une seule seconde, je me précipitai vers le dernier dédale qui menait aux remparts. D'épais murs qui encerclaient la cité. Je voulais tenter, dans un essai désespéré, de les traverser pour fuir. Jamais je n'avais eu l'occasion de tenter mais je compris rapidement que ce serait peine perdue. Une interpellation lointaine. On sommait de m'arrêter. Je voulus fuir mais un coup sur la tête venu de nulle part me stoppa net. Un léger black out avant de rouvrir les yeux, attachée dans une alcôve de la muraille. « J'espère que ton maître te fera sévèrement payer l'affront que tu lui as fait, dhampire. Quelqu'un va venir te chercher. » Obtins-je comme instruction lorsque mes paupières parvinrent à se relever.

Je doutais qu'ils soient allés réveiller mon maître en personne, ou même qu'ils sachent qui il est. Je n'étais pas trop autorisée à sortir du domaine, ce qui empêchait mon association directe avec Jesper lorsque je sortais. Mais peut-être que je n'avais pas du tout été aussi discrète que je le pensais. Peut-être que quelqu'un de la maison m'avait vue et suivie... Quelqu'un ayant assez de légitimité pour obtenir que je ne sois pas réduite à l'état de repas pour avoir tenté de m'enfuir. Je savais Jesper assez respecté pour que nous, ses esclaves, nous ne soyons pas maltraités sans son consentement. Mais il y avait un homme qui avait son aval. Qui se faisait son porte-parole lors des brèves nuits qu'il s'accordaient une fois le jour levé... et ce n'était pas enchaînée dans une pièce entourée de pierres épaisses semblable à une geôle que je souhaitais faire face à cette créature...
@"Ezelve"

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Danse avec moi, poupée de crinoline. Deviens ma proie, libertine. Vierge aux abois, vas et viens, défais-moi donc ce lit a baldaquin qu'en 2 temps 3 mouvements l'on badine. Sonnez l'hallali sonnez ma mise à mort. Sonnez l'hallali sonnez ma mort.


Dernière édition par Vanka le Ven 21 Sep - 13:21, édité 2 fois
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Vanka
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MessageSujet: Re: a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve   Jeu 20 Sep - 12:48

Cadence of the wind


Fichue. C'était bien le seul adjectif pouvant me caractériser. Au moins j'aurais essayé. Au moins j'aurais saisi mon unique chance de m'en sortir. Sortir de ce trou, de cet enfer. Peut-être aurait-ce duré trois voire quatre mois. À vrai dire, j'en avais quelque peu perdu la notion du temps. Réaliser l'existence de tout ce monde sous les yeux des humains, c'était difficile à encaisser. Et je comprendrais que certains puissent tourner la carte. Ce que les traitements de Jesper allaient finir par me faire... Perdre complètement pied avec la réalité.

Je n'avais rien de vampire hormis des gènes perdues. Refusant de les laisser me dominer, abhorrant tout ce qu'ils représentent, Jesper savait pertinemment que je n'aurais jamais mordu cet esclave. Que jamais je n'aurais bu ce sang, même si cela m'aurait épargné quelques jours de souffrances suite aux blessures causées. Je m'en étais remise, enfin mon corps était parvenu à s'en remettre. Non sans difficultés. Non sans quelques séquelles persistantes. Des hématomes restaient ancrés dans ma peau ci et là. Mais j'étais parvenue à sortir du lit, de la chambre, du domaine. À m'écraser sur cette muraille de pierres comme un éphémère à une lanterne.

À mon grand damne et pourtant dans une évidence aveuglante, l'incube de mon maître fit entrer la lumière diurne dans l'atelier où j'étais enchaînée. Ma tête bougeait frénétiquement avec lenteur de droite à gauche. Supplier ne servirait à rien, j'en étais consciente. Et mon erreur était ce qu'elle était. Impossible de justifier un tel acte. La fuite : où on la réussit, où on la paye. Ezelve s'approche de moi avec froideur. Un froid bien loin des charmes dont il avait pu user pour me manipuler comme une marionnette de chair. Ma tête se recule pour éviter l'inévitable : je suis à sa portée, à sa merci. Son contact me liquéfia. Incapable de le regarder, tourmentée par la peur et la honte d'avoir échoué la seule entreprise que je n'aurais jamais dû engager, je gardais les yeux baissés.

Un gémissement presque sanglotant accompagna de légers tremblements qui faisaient frémir mon corps lorsqu'il releva sans gêne ni moindre délicatesse ma chemise. L'incube me scrutait, m'observait. Mon palpitant frappait ma poitrine, bercé par l'adrénaline condensée par la peur de ce qu'il pourrait me faire.

J'ignorais ce qu'il cherchait... les marques laissées par son dégénéré de maître ? La colère montait en moi. Autant dirigée vers ma personne que la sienne et Jesper. Et toute cette situation à vrai dire... Sursautant à chaque mouvement de sa main sur ma peau, je ferme les yeux en espérant pouvoir abandonner mon enveloppe charnelle pour ne rien ressentir, ne rien voir, ne rien entendre de ce qui allait se passer.

Fuir... comme cette attaque à mon arrivée sur les rives d'Heartkiller. Où mes jambes m'avaient emporté si loin que personne n'avait pu me retrouver. J'avais abandonné un ami que je pensais alors condamné. Et tout ça pour quoi ? Pour qu'Ez finisse par me chasser comme une proie au travers des bois ? Pestant sur l'idée d'en être arrivée là, j'essayais de m'y raccrocher pour garder le contrôle. Son passage sur les quelques contusions qui me restaient déclenchait quelques soubresauts. Mais quand il vint toucher ma cheville, c'est un gémissement de douleur qui m'éprit. Je le fusillai du regard comme si j'étais en position d'exiger qu'il cesse son auscultation sur le champ. Ce que je me retins d'ordonner et même d'espérer.

L'incube s'éloigna après avoir reposé ma jambe. Je ne le lâchais pas du regard. Il demanda qu'on lui apporte du matériel. J'ignorais ce qu'il avait en tête mais ça ne me disait rien qui vaille... Scrutant ses moindre mouvements, notant chaque bijou ôté, comptant chaque expiration soufflée. Tout ceci n'avait aucune importance, sans doute, mais au moins je savais ce qu'il faisait. Se concentrer sur les détails était une façon comme une autre de concentrer son attention. Sa voix se mit à résonner dans la pièce. Une réverbération plus portée dans mon esprit que sur les murs. La pierre isolait les bruits, étouffait les sons. Une acoustique qui n'avait rien de rassurant, surtout au vu de la malle qui fut apportée.

Mon rythme cardiaque ne cessait de s'accélérer à mesure que les minutes s'écoulaient. Le voir enlever son t-shirt et afficher cet air sombre de neutralité ne m'inspirait que le pire... « Le sort des échappés ratés n'est pas la mort simple et nette ? Que comptes-tu faire ? » Demandai-je d'une voix détachée, comme si ça m'était indifférent. Mais une légère oscillation provoquée par les frémissements d'angoisse se laissait entendre aux plus attentifs. Mon assurance ne flouerait pas une créature telle qu'Ezelve. Et quand bien même il n'était pas attentif, il m'avait observée assez longtemps pour savoir que cette témérité n'était pas dénuée de frayeur. Le courage est censé être une qualité, dans le cas présent, il ne s'agissait que d'un dernier sursaut de fierté. Je n'allais pas le supplier. Ou peut-être pour une chose : m'achever. Que je n'ai plus à subir les humeurs de Jesper. Mais j'étais encore bien trop attachée à la vie, à quoi bon le nier ?
@"Ezelve"

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MessageSujet: Re: a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve   Jeu 20 Sep - 14:26

Cadence of the wind


La mort, simple ? Un soulagement, oui. Un soupir qui nous extirpe de ces tourments qui nous étouffent. Mais également un trait tiré sur tout ce que l'on espérait vivre. Ce que l'on espérait découvrir. Ce que nous aimions et chérissions. Alors non, ce n'est pas si simple. Si je n'étais pas ainsi attachée à la vie que je menais avant, peut-être que ça le serait. Mais entendre les notes d'un piano, danser au rythme des saltarelles, sentir la rosée se déposer sur mon visage, le souffle du vent, les rires des enfants et la chaleur d'une étreinte. De petites particules de bonheur, d'instants fugaces que l'on espère pouvoir savourer une nouvelle fois...

Mais quel prix étais-je prête à payer pour ça ? Quel était le prix de ma renonciation ?

La douleur ne me connaissait pas plus que le commun des mortels. Ma résistance était loin de pouvoir faire face aux atrocités que j'imaginais l'incube capable de me faire subir. Mais mon imagination débordante partait peut-être vers des horizons qu'il ne pensait pas juger utile d'atteindre... espoir futile.

Continuant de l'observer, n'ayant d'autre choix que de suivre le mouvement des chaînes, je restai silencieuse. Les traits déterminés avec pourtant cette crainte luisant dans le fond des yeux. La pièce n'était illuminée que par une lanterne à la lumière oscillant avec grâce. Une teinte jaunâtre tamisée par l'ombre des installations et les mouvements d'Ezelve. Rien ne m'apparaissait plus glauque que cet endroit...

À l'observer, je devinai l'ombre d'un châtiment inéluctable. Un spectre qui me fit frissonner d'horreur. Mâchoire crispée, je contenais dans un mutisme la haine que l'incube m'inspirait en cet instant. Serrant les poings à me planter les ongles dans la peau, je fermai les yeux à sentir le tissu qui me couvrait se déchirer. La rune d'Elhaz encrée au milieu de la chute de mes reins semblait bien incapable de m'apporter la protection qu'elle était censée m'assurer... Mes lèvres tremblotaient et des gouttes éparses vinrent choir sur mes joues. Il n'y avait ni douleur ni peine. Juste l'humiliation d'être ainsi mise à nue face à cette créature de luxure. Un morceau de dignité arraché. Lorsque mes paupières s'ouvrirent à ses mots, c'est la colère qui se lut en premier dans mes prunelles. Suivie par une détermination provocatrice. Il pourrait me voler tout ce qui lui plaît, mais pas mon intégrité. Non.

Promesse que son ultimatum allait injustement mettre à l'épreuve.

Un choix et un fouet. Promesse d'une douleur salvatrice ou d'un plaisir avilissant. J'ignorais l'étendu de son pouvoir, s'il était vraiment capable de sa prétention, mais effectivement, j'en savais assez sur lui pour y croire. Ma peau s'hérissa d'un élan de désir alors dans son regard, je devinais l'expression de son pouvoir. Je sentis mes pommettes s'embraser tel un feu incandescent à la brûlure voluptueuse. Sur ce bref instant, j'en avais envie, mon corps en criait l'envie... Ezelve mit fin à l'avant goût. Une saveur que je détestais adorer.

Une atmosphère à la fois lugubre et intime, un silence muet face à un choix déjà fait. « Tu es bien placé pour savoir que ton histoire de choix ne vaut rien, lui lançai-je d'une voix basse. Tu accordes ce choix parce que tu le veux, que tu l'as décidé, ma volonté propre n'a strictement rien à voir dans cette histoire. M'as-tu laissé le choix lorsque tu me traquais dans cette forêt ? M'as-tu laissé le choix en m'apportant à Jesper ? Tu ne sais rien des véritables choix. C'en est pathétique... et le pire dans tout ça, c'est que je pourrais presque avoir pitié de ton espèce », lui laissai-je en guise de réponse. J'ignorais combien de temps je tiendrai avant de donner cette reddition qui signerait l'ascendant que je le laisserai avoir sur moi, mais j'étais déterminée à tenir bon.
@"Ezelve"

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MessageSujet: Re: a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve   Jeu 20 Sep - 15:55

Cadence of the wind


Loin d'être persuadée que la désinvolture soit un moyen efficace pour éviter le pire, au moins ça avait le mérite de me faire extérioriser à minima la rage qui m'habitait. Si j'abandonnais cette volonté de vouloir restée mesurée, alors j'en deviendrais complètement hystérique. Cette posture de faiblesse, la vulnérabilité d'être à nu, tout ceci donnait un mélange prêt à me faire désespérer.

Gardant mes poings serrés, mes yeux vissés dans son regard impassible, je luttais pour pallier à ces tremblements frénétiques suscités par la peur. Mes lèvres restèrent cousues alors que la crainte des coups se faisait de plus en plus intense. Le blanc de mes yeux se faisait envahir des larmes encore statiques qui anticipaient la douleur à venir. Fouet déroulé, main levée. Je ne le lâchais pas du regard, le défiant presque d'oser me faire du mal. J'ignorais si Jesper était au courant de ce que l'incube s'apprêtait à faire, mais au vu de ce qu'il m'avait fait subir, je ne pouvais que croire au fait qu'il approuverait les méthodes de son sbire...

Un bref instant où le temps sembla se ralentir. Ce n'était que le déclenchement de ces sens accrus que m'octroyaient le sang vampire. Une vision plus aiguisée qui donna cet effet que je mis sur le compte du choc de la scène. Un claquement assourdissant m'arracha un sursaut mais ne parvint à me décomposer. Un second élan. Le fouet claquant à l'orée de mon oreille gauche. Un gémissement de stupeur et me fis détourner la tête en fermant les yeux.

Une nouvelle occasion de freiner le sort qui m'attend. Une possibilité d'abandonner et d'accepter. Une opportunité sonnant comme une dernière chance. Mais j'étais bien trop têtue pour la saisir. Bien trop naïve et orgueilleuse pour prendre cette porte de sortie. Et pourtant, je présentais une certaine sincérité dans sa tentative de m'éviter cette douleur.

Ses pas le déplacent dans une marche sombre pour le positionner derrière moi. Face à mon dos. Je relève la tête et me mets à prier je ne sais quelle divinité pour m'éviter la souffrance à venir. Mais il est trop tard pour ça. Un claquement et c'est un cri de douleur qui déchira l'atmosphère de l'atelier. Les larmes se mirent à ruisseler le long de mes joues, glissant jusqu'à mon menton et chuter sur mon corps. Compter pour tenir ? Je n'avais pas la moindre envie de suivre ses conseils et pourtant je me raccrochais à sa voix comme à ma seule certitude.

Mon corps était liquéfié par la douleur. Les chaînes me tenaient bien plus que mes jambes. Fébrile, je voulais rejeter le contact de son corps. Son torse approchant mon dos et sa main venant se loger sur mon cou pour que ses lèvres puissent approcher mon oreille. Une ultime chance. Mon être et ma conscience me hurlaient d'accepter. D'abandonner la douleur pour un plaisir grossier. Une outrance à ce qui me restait de dignité. « Si je venais à céder, me laisserais-tu en paix ensuite ? » Demandai-je d'une voix faiblarde qu'aucun sanglot ne savait interrompre. Les larmes qui s'envolaient n'avaient point de saveur, uniquement la teinte de la souffrance infligée. Emplie de honte, je considérais l’éventualité de cet échappatoire artificiel. Mordue par le fouet et l'idée que les prochains risquaient d'être bien plus sévères que les cinq premiers.
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MessageSujet: Re: a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve   Jeu 20 Sep - 17:49

Cadence of the wind


La cadence de son souffle se glissait au creux de mon cou tel un métronome sur lequel j'aurais aimé me caler. Or, les coups que mon cœur donnait ne voulaient s'y plier.

L'incube se dérobe au contact qu'il avait noué. Je referme les yeux et sens l'attente des coups m'imprégner de terreur. Lèvres frémissantes et joues à nouveau humidifiées par les éclats hyalin, la tension se délia en un cri atroce lorsque le fouet vint lacérer mon dos immaculé. Je pris sur moi pour les suivant, ou en tout cas tentais... sept, huit, neuf... le dixième sembla m'achever et ma voix brisée expira un hurlement capable d'ancrer l'effroi dans les murs de la pièce. Je ne pouvais plus tenir... c'était impossible...

Souffle haletant, sanglots grisant, je me décomposais.

Ma vue s'en trouvait troublée et mes forces paraissaient m'abandonner. Affaiblie et exténuée. Ployant sous mon propre poids. Si bien que les chaînes me suspendaient entièrement. Sans elles, je serais étalée à même le sol, nageant dans la poussière et la crasse.

Un seau d'eau froide me fit l'effet d'une décharge. Permit à mon sang de faire un tour complet dans mes veines et de me sortir de cette torpeur devenue refuge. J'ouvre les yeux et le regarde avec difficulté. J'ai l'impression de devoir le chercher alors qu'il se trouve juste en face de moi. Ses mots me parviennent comme des échos sourds. Oh oui que je le détestais. Lui, Jesper et toute la horde de créatures qui résidaient sur cette île maudite. Je me détestais d'avoir échoué et d'avoir laissé mes envies d'aventure me mener jusqu'à Heartkiller. Est-ce qu'il y avait une chance que les regrets viennent me sauver ? Aucun.

Ses mains me guident, me forçant à le garder dans mon champ de vision. Il s'approche un peu plus, d'une voix au murmure sensuel à vouloir m'enrober d'une promesse doucereuse. Je ne parviens pas à le croire et aimerais pourtant le faire... Ses lèvres effleurent les miennes qui, soudainement, semblent vouloir les capturer. Une envie d'abandonner. Non... de m'abandonner à lui... « Pitié », échappai-je dans un soupir inaudible que sa proximité indécente pouvait cependant capter. Une pitié de ne pas user de son pouvoir pour obtenir mon corps ainsi dévoilé...

Je ne voulais pas de ça... mais également, je ne voulais plus de cette douleur à moins qu'elle ne m'inspire ce plaisir vanté. Peut-être que cela me permettrait de mieux encaisser les coups... Non... mon esprit était troublé et je sentais frémir ma peau d'un désir pour cette créature déifiée. Des instants de lucidités me permettaient, avec horreur, de comprendre ce qui se passait. Je le désirais tout en voulant le repousser. Un état de transe que les élans de douleur causés par mon dos meurtri stimulait. Comme une envie de le lui faire payer dans une étreinte sauvage. « Arrête ça... » Ma voix est si basse que l'on ne peut y percevoir sa mélodie. Les larmes avaient cessé de ruisseler et mes lèvres s'avançaient pour goûter aux siennes comme un besoin compulsif.
@"Ezelve"

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MessageSujet: Re: a0. Cadence of the wind ᚬ Ezelve   Ven 21 Sep - 13:19

Cadence of the wind


Des gouttes d'eau se laissaient volontiers absorber par ma peau alors que d'autres perlent et se confrontent à la gravité. Si l'humidité peut me donner froid, le toucher surnaturel d'Ezleve aura fait de mon corps un brasier. Les oscillations de son pouvoir me font perdre pied à ne plus savoir si je suis sous son emprise ou non. La douleur encaissée mélanger mes émotions et mes pensées venant être troublée.

Il ne fit rien pour m'arrêter et je l'en détestais. Sa main se hissa dans une caresse lascive le long de mon bras jusqu'à atteindre ma main et les chaînes qui l'entouraient. En reprendre le contrôle me surprit malgré le flou de l'attraction générée par Ezleve.

Mon souffle se fait haletant, mon regard interrogateur. Pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi avait-il usé de son pouvoir en cet instant et pourquoi me libérer un bras ? L'incube ne dit mot et je n'osai poser la moindre question, ma volonté se laissant bercée par le désir artificiel qu'il m'insufflait. Ce n'était pas la première fois qu'il usait de son charme sur ma personne, raison pour laquelle je le fuyais et le détestais, mais jamais il ne s'était permis d'aller aussi loin. Je me doutais que ces créatures pouvaient obtenir tout ce qu'elles voulaient de charnel venant des humains, ça lui serait d'une facilité déconcertante de me pousser à l'extrême de ce désir. Mais il n'avait jamais eu l'indécence de le faire. En tout cas, pas avec moi. Ne le connaissant pas en dehors de Jesper, j'étais incapable d'en savoir quoi que ce soit.

Ses pas le menèrent à la porte qu'il entrouvrit. Je posai ma main sur mon ventre et la fis remonter jusqu'à mon visage que je pris entre mes doigts frêles. J'avais envie de m'effondrer en sanglot par la douleur lancinante des lacérations causées par le fouet et en même temps je gérais ces élans voluptueux avec lesquels Ezelve m'étreignait à distance.

Le silence nous enlace jusqu'à ce que les gardes ne viennent apporter à l'incube sa deuxième liste de course. Je n'avais pas prêté attention à ses demandes et redoutais ce qui pouvait bien m'attendre. Les regardant disposer le baquet, le savon, la paillasse. Une robe ? Mes traits devinrent perplexe malgré les vagues de plaisir qui m'enivraient. J'aurais aimé pouvoir reculer et rester à distance d'Ez lorsque ce dernier s'approcha, mais j'en fus incapable, appréciant même le contact de sa peau quand il m'aida à entrer dans la bassine. Toujours accrochée par un bras, je suspendais médiocrement, nue et entachée, face à lui. C'était son dessin, il m'avait mise dans cet état. Ou peut-être viendrait-il à me faire croire que je me suis moi-même mise dans cet état dès ma tentative de fuite...

Il s'éloigna et la chaîne engagea un cliquetis qui me fit retrouver une légère amplitude avec mon bras droit. Mes muscles crispés par la douleur m'infligeaient de légères courbatures dont je payerai le prix demain à n'en pas douter. Enfin, si je suis encore en vie... L'incube revient et à l'idée de son approche ma peau s'hérisse. Comme s'il était l'objet d'un désir inavoué. Comme je le déteste... Je fermai les yeux et une larme orpheline s'en échappa au sentir de ses caresses savonnées. Son toucher m'était agréable à en perdre une notion pourtant essentielle en présence d'une telle créature : était-ce son emprise ? Emprise ou non, les sensations qu'Ezelve avait suscité en moi avaient des conséquences physiques et un soupir de plaisir frustré m'épris lorsqu'il effleura mon intimité. De quoi rougir de honte, éclater dans une colère noire et le lui reprocher. Pourtant, je n'en fis rien. Éreintée et freinée dans ma détermination.

Le savon sur les traits ensanglantés de mon dos me firent, quant à eux, redescendre sur terre par une douleur que je sentais de plus en plus vive. Mes nerfs se voyaient traversés par un courant des plus désagréables.

La dernière chaîne libéra complètement mon bras, me redonnant contrôle sur mon corps. Et pourtant, je n'en fis rien. Laissant Ezelve me relever et me coucher sans me débattre, sans lui en mettre une - qu'il méritait, en presque honnêteté, au moins mille fois - ni riposter de quelque façon que ce soit. Je sentais ses doigts entourer l'esquisse de mes blessures. Fermant les yeux, j'imaginais leur dessin, les sillons creusés par le fouet. Ce souvenir me dégoûtait et me terrifiait. Ces marques ne me quitteraient sans doute jamais. Souvenir indélébile ancré sur la peau.

Les paroles d'Ezelve résonnèrent dans la pièce qui me paraissait bien plus étroite à mesure que le temps passait, que les jeux sadiques se dessinaient. La douleur mêlée au plaisir, ce baiser et ces caresses. J'en avais la nausée... L'incube osait parler de sécurité face à l'extérieur. Mais quid de ma sécurité à l'intérieur ? Jesper finirait par me tuer, j'en avais la certitude. Je ne lui étais utile en rien à part à son divertissement personnel. Et loin d'être naïve, j'avais conscience que tous les jouets avaient une durée de vie très courte. Dès lors qu'ils s'ennuieraient, il se débarrasserait de moi. Il était le danger. Un danger qui m'effrayait plus que nul autre. Pour Ez, c'était différent. Il avait l'air d'être son homme de main, et chacun de ses autres esclaves avaient des fonctions dans sa maison. La plus basse étant celle de lui servir de garde-manger sur pattes... Je n'avais aucune carte pour obtenir quoi que ce soit de ce monde comme de celui des humains. Un entre-deux n'avait son mot à dire dans l'un ou dans l'autre. Bientôt les problématiques humaines ne me concerneraient plus à être enfermée sur cette île, et jamais l'on ne m'accordera d'exister de façon libre dans le monde des vampires. L'incube se révélait être un optimiste heureux...

Des gardes vinrent déblayer le bazar commandé par Ezelve et quittèrent l'atelier. Lui se contenta de me donner un nouveau choix : mourir en tentant une seconde fois, désespérée, de m'enfuir, ou bien rentrer chez Jesper et accepter la seule condition à accepter pour l'heure : celle d'esclave. Deux rouleaux de bande retombèrent devant moi, avec les derniers mots de l'incube qui s'en alla et me laissa allongée en ces lieux.

De longues minutes s'écoulèrent avant qu'un sommeil ne m'emporte. Je me sentais faible et vidée de toute consistance... Après deux heures, je me réveillai avec les idées plus ou moins claires, le cerveau encore embrumé par les mots de l'incube. Je voulais faire le choix de vivre. Avec toutes les souffrances que ça impliquait. Me redressant, je m'appliquai un bandage pour soulager ma cheville avant d'enfiler la robe. C'est avec délicatesse que je la fis descendre mon dos, grimaçant au passage du lin sur les cicatrices encore vives. Finissant par me lever, je me mis à marcher jusqu'à la demeure de celui qu'il me fallait appeler maître. Je n'eus pas à frapper à la porte qu'un esclave m'ouvrit. Passant le pallier, signant mon abdication, je croisai Ezelve dans le hall. Constatant que mon regard se faisait insistant, je détournai le regard, emplie de honte de saboter par ma propre volonté ce qui me restait de dignité.
@"Ezelve"

_________________
Danse avec moi, poupée de crinoline. Deviens ma proie, libertine. Vierge aux abois, vas et viens, défais-moi donc ce lit a baldaquin qu'en 2 temps 3 mouvements l'on badine. Sonnez l'hallali sonnez ma mise à mort. Sonnez l'hallali sonnez ma mort.
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