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 ac. Four boards and twelve nails ▬ Eagyne

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 Sujet: ac. Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mar 13 Fév - 3:17


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Four boards and twelve nails
You got a downtown fire, like a shot in the dark. You got a mad beamin' on you and a hot wide-eyed spark. I got a body of wonder and an emerald mind. I'm on a luminous heavy to put gold in my eyes. You got eyes so azure, you got blood orange skin. And are there's a spark in your centre that's piercing me in. I got a night-time shudder and a lion within. I got a brain-tricked hunger and you're pulling me in.

La perte. Un fardeau touchant bien trop d'êtres. Bien trop d'innocents. Si tant est que l'innocence n'ait pas encore définitivement quitté ce monde... Les pluies avaient cessé, Steros se relevait d'un long sommeil ; courbaturé et effaré face aux désastres. On avait ordonné aux survivants de se couvrir chaudement pour affronter le froid. Pourquoi ne donnaient-ils pas de lumières pour affronter l'obscurité ? L'austérité des lieux me laissait impassible. Ce qui ne manquait d'interloquer les regards croisant mon visage. J'assemblais les planches, frappais avec énergie pour les unir dans l'éternité. Frappais. Encore. Encore. « Sao... » Sa main retient la mienne tenant le marteau. Je fronce les sourcils en regardant ses doigts lier mon poignet avant de le fustiger du regard. « Sa-o-ryne, mon prénom c'est Sa-o-ryne », le repris-je pour la deux-centième fois. « Oui, oui. Sa-o-ryne. Pose ce marteau. On va aider à porter les corps. » D'un geste vif, je défis mon poignet de son étreinte et reculai de trois pas. Il soupira face à la négation qu'évoquait mon geste. « J'apporte les boîtes à l'entrée. C'est tout. Faire les boîtes, les amener. C'est tout », M'entêtai-je à répéter ses ordres précédents. Ça l'agaçait. Pourquoi ça l'agaçait ? Il abdiqua finalement dans un soupir et tourna les talons.

Aidée par d'autres survivants, je tractai les boîtes jusqu'à l'entrée. Certaines personnes avaient des coutumes particulières pour affronter la mort. Enfermer leurs proches dans ces boîtes et les enterrer. Prononcer quelques mots et signer la terre d'un signe. Je ne jugeais pas, au contraire, je trouvais en cette coutume une certaine beauté. Une beauté qui n'était pas de celle à vous décrocher un sourire, certes. Mais une beauté quand même. La mine renfrognée, retenant mon manteau pour éviter que le froid ne m'atteigne l'échine, j'attendais avec les autres porteurs. « Ils devraient être là », rouspétai-je. « Sois patiente... c'est pas évident pour tout le monde cette situation », déclara une voix féminine visiblement accablée par le drame qui avait secoué Steros. Je la targuai d'un regard noir. « Laisse-la tranquille Hykka. » Elle ronchonna des mots dans son écharpe en me tournant le dos. Je haussai les épaules, faisant abstraction de cette femme désagréable.

Enrobés de linges, les corps arrivèrent. Je voulus me dérober à la charge de les compacter dans les boîtes en bois. Mais une main m'arrêta. Cette même main qui avait arrêté le mouvement de mon marteau. Cette fois-ci, je me résignai. Une fois les boîtes et les corps placés, quelques personnes nous rejoignirent. Elles étaient en larmes ou la mine basse. J'étais juste agacée d'avoir à faire face à ça alors que ces gens ne comptaient pas pour moi. Ces types dans les boîtes. On me demandait d'être compatissante et de les pleurer. Je ne voyais pas l'intérêt. Pleurer ne ramenait pas les morts. Pour le coup, j'en savais quelque chose... On dut accompagner ces personnes jusqu'à l'endroit où les trous avaient été faits. Ce n'était pas très loin des remparts. Une dizaine de minutes à marcher. Les ruines d'un ancien bâtiment où différentes breloques étaient étalées au sol. Marque des morts laissés là au fil des années. Il y en avait beaucoup... J'avais l'impression de voir s'élever de la terre les auras de ces âmes perdues à jamais dans les entrailles de la terre... C'était horrifique et magnifique. Un trouble qui me coupa le souffle.

Boîtes enfouies, tas de terre lancés par les endeuillés, et une pelle me fut donnée. On rabattit la terre sur les boîtes pour les perdre à jamais. Devant y déposer quelques breloques ouvragées. Au lendemain, et d'autres fois, les survivants pourraient venir ici pour penser à leurs disparus. Qu'avais-je pour penser aux miens ? Les pelles retombèrent sur le chariot. On rentrait à la maison. Au loin, je jurais percevoir le soleil se coucher par delà le brouillard et les nuages opaques. Happée par l'horizon dissimulé, je restai de longues minutes à contempler cette austérité à m'imaginer la chaleur d'un soleil caresser mon visage. Mais à l'heure où les protecteurs fermaient les portes de Steros, il fallait rentrer. Je restais immobile, me contentant d'apporter aux environs leurs couleurs effacées par la noirceur du ciel et les pleurs des défunts. Sur mes joues restées froides et distantes face à tout ce qui s'était passé, deux larmes vinrent dessiner le sillon d'une peine qui ne m'appartenait pourtant guère...

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 Sujet: Re: ac. Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mer 14 Fév - 0:14


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Une grande inspiration. Le froid sembla me brûler l'œsophage alors que je décelais le tremblement de mes mains sous les gants abîmés par le labeur. Je me perdais dans mes pensées, dans le souvenir de Zelphyra... Était-elle bien abritée ? Avait-elle succombé ? Ça ne devait pas avoir d'importance. Ces corps non plus, ne devaient pas en avoir. Mourir. C'était le lot de tous. Il le fallait. Et malgré notre acharnement à vouloir survivre, il ne fallait pas oublier que ceux qui nous quittaient n'avaient plus à se battre. Chanceux. Mais pourquoi avais-je ce pincement au cœur ? Cette peine empathique qui me tordait les tripes à m'en donner la nausée ? Je me croyais seule, égarée dans mes songes et la contemplation de l'horizon. Mais je sentis un regard. Non, pas un regard. Ce n'étaient pas des yeux qui semblaient m'observer. Yeux écarquillés à ne plus pouvoir ciller, je sentais mon rythme cardiaque s'accélérer et la peur panique monter jusqu'à me paralyser les membres. Une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et fais volte-face. « Eagon... » Prononçai-je une fois face à lui comme si ça m'avait demandé un effort de le reconnaître.

Il tentait de me rassurer, je le sentais bien. Mais dans mon dos je sentais également cette aura venir pour nous. Pour voler nos âmes. La peur se lisait dans mes yeux mais je ne parvenais à l'exprimer. Le bâtisseur paraissait mettre cette détresse soudaine sur le compte d'un masque que j'avais arboré pour paraître forte aux yeux des autres. Je me fichais des autres, de comment ils me percevaient. Je ne voulais pas partager leur chagrin, trop effrayée à l'idée que cela me force à affronter le mien... Redresser le camp. Réparer les dégâts causés par la catastrophe qui nous avait assaillit. Je me retournai vivement, cheveux virevoltant et m'entourant les épaules. Mes lèvres tremblaient - guère de froid - et mes yeux s'humidifiaient des larmes qui voulaient jaillir. « Ils sont tous là, sous nos pieds. Ils nous observent. Peuvent-ils vraiment mourir si on les enferme dans des boîtes et les plonge sous terre ? » Occultant ses préoccupations, je fixais les tombes comme si de chacune d'entre elle une âme s'apprêtait à jaillir pour nous dévorer le cœur. Une respiration haletante, poings fébrilement refermés aux ongles s'ancrant dans mes paumes. « N'ont-ils pas marre de nous voir reconstruire inlassablement ? N'attendent-ils pas sagement que nous nous effondrions nous aussi ? » De ces délires et visions d'horreurs étaient faits mes songes... On ne me caractérisait pas de folle pour rien... La peur me faisait voir des choses, de ces choses qui glacent le sang. Le sang. Ce carmin qui se projette en giclées brutales à chaque image envolée...

De pas millimétrés, je me recule, lentement, sagement. Jambes fébriles et poings toujours serrés. Je n'aimais pas cet endroit. Je n'aimais pas être confrontée à la mort. Là où je souhaitais rester indifférente car sachant la faible valeur que pouvait avoir une vie, je me heurtais au frémissement de mon palpitant. Incontrôlable peur qui m'oppressait le cœur, le serrant encore et encore à m'en fait mal. La brume s'échappait de ma bouche alors que je peinais à respirer. De ces crises de panique, j'en connaissais tous les rouages... Ce n'étaient que des impressions, des illusions. Je devais parvenir à me convaincre que ce n'étaient que des chimères, des hallucinations causées par mon esprit déficient. Mais la peur... la peur était si réelle... On pouvait très bien ne vivre qu'à travers de fausses images, de rêveries et d'entourage inventé. Cependant, dans ces lubies, ces mirages et contes que l'on s'inventait, que l'on vivait, les émotions que l'on ressentait, qui nous faisaient vibrer, restaient réelles. Autant que la terreur qui m'éprenait sur l'instant semblait me posséder sans que je ne parvienne à m'en détacher. Par chance, dans cette panique, je n'étais pas seule... « Eagon », l'interpellai-je en cherchant sa main d'une des miennes. Sa main rassurante, présente. De tout le camp, il était l'un des rares à pouvoir me toucher, l'un des rares que j'acceptais toucher. L'un des seuls à pouvoir me calmer...

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 Sujet: Re: ac. Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Mer 14 Fév - 12:49


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Tout ce qui se trouvait autour de moi avait, un jour, fini par s'effondrer. Un cycle interminable qui ne trouverait sa fin qu'enfermer sous la terre ou éparpillé en cendres dans les airs. Je préférais être brûlée, quitte à choisir. Brûlée plutôt qu'enfermée jusqu'au dernier stade de la pourriture de mon corps. Je ne voulais pas revenir à la surface ni finir mes jours dans le noir d'une boîte en bois.

Certaines choses se finissaient pour le mieux ; je ne regrette pas un instant d'avoir pu m'échapper de ces bâtards. Je regrette toutefois le souvenir de ce visage si doux à mes yeux... Celui d'un frère et d'un guide. Je regrette ces sensations semblant parvenir d'une toute autre vie, d'une toute autre personne, où le dôme semblait être au-dessus de ma tête. Parfois, j'avais le sentiment d'avoir rêvé tout ça, que ça ne faisait en rien partie de moi, de mes souvenirs. M'étais-je approprié cette vie en dépit de pouvoir vivre la mienne lorsque durant toutes ces années j'étais restée captive ? Ma mémoire me jouait des tours, tout comme mes sens qui me faisait voir et sentir ce qui n'était pas. La voix d'Eagon résonnait comme un écho murmuré au loin. Je n'avais pas la notion de mes mots ni de l'enchaînement alambiqué de mes idées énoncées à haute voix. Perdue et bousculée, je tremblais sans pouvoir m'arrêter. Sa voix me revient, plus claire, plus nette. Comme s'il s'était frayé un chemin dans mes songes altérés. Ce qui compte, c'est de s'occuper des survivants. De ceux qui restent, qui sont encore en vie et luttent pour cette vie. Eagon évoquait un résultat, comme si la vie pouvait avoir un autre but que de voir demain se lever... Pourquoi ? Pourquoi faisions-nous ça ? Pourquoi persistions-nous à souffrir et endurer tout ceci ? En quoi est-ce que ça valait la peine ?

Se rappeler... Quelle dignité y avait-il à se remémorer ces pertes ? Ces échecs individuels et communs. Steros ne les avait sauvé que pour les laisser crever d'une autre manière. Loin d'être plus douce que s'ils s'étaient contentés de rester dehors à attendre la mort arriver. Mais je les comprenais... Je comprenais ces gens qui avaient peur de l'extérieur. Qui se réfugiaient auprès des autres pour ne pas finir par crever tout seul. J'avais peur, moi aussi. Loin d'avoir le courage de Zelphyra et de toutes ces personnes qui parviennent à se battre pour leur cause. Une cause qu'ils tentent tant bien que mal de s'expliquer en aidant les autres. Survivre pour aider plus faible à survivre. Tout ceci restait encore insensé... Eux, ils étaient morts. Point. La voix d'Eagon avait beau me maintenir à mi-chemin entre le délire et la réalité, je sentais mes jambes faiblir. « Pourquoi est-ce qu'on cherche à survivre, Eagon ? » Une question à laquelle il avait peut-être un réponse. Ou peut-être pas. Chacun avait ses propres raisons de vouloir survivre... Je n'en avais qu'une : la peur de mourir. Sans logique ni intérêt. Un simple obstacle que je ne parvenais à surmonter. Et pourtant... il m'arrivait d'en rêver ; de voir le noir éternel s'abattre sur mes paupières, ne plus jamais me relever...

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 Sujet: Re: ac. Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Jeu 15 Fév - 0:55


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Mes questions étaient aussi chimériques que mes pensées laissées au hasard de mes craintes, de mes peurs, de ces ombres qui me tourmentaient avec une telle facilité que s'en devenait déconcertant. Pourtant, Eagon s'était toujours montré patient. Pour une raison qui m'échappait... Son visage, ses traits, tout laissait comprendre que cet homme avait souffert et qu'il pâtissait encore de ne pouvoir s'accomplir comme il le souhaitait. De ces hommes en perpétuelle quête de quelque chose. Je l'enviais... Attendre quelque chose de la vie, c'était un manque qui me donnait l'impression d'être vide, insipide. Le bâtisseur tenta d'apporter un semblant de réponse à ma question. Penser à vivre, profiter de ce que le monde a à nous offrir et y trouver son compte. Était-ce suffisant ? Écumer les instants de joie, de bonheur fugace ? Des émotions volages que je peinais à croire comme étant capable de construire un réel sens à la vie...

Éloignée de mes racines, des seules personnes qui constituaient ma famille, des êtres pour qui j'aurais été prête à tout donner. Je n'avais plus personne à qui manquer, plus personne à qui servir. Pour chasser les démons qui m'enlaçaient, Eagon m'éloigna des tombes, nous installant sur un rocher sur lequel je m'assis à son geste initiateur. Il me conta alors cette histoire. Des jumeaux représentant les survivants et la mère une force spirituelle à laquelle se raccrocher pour donner un sens à ces moments que l'on vit. Une perception étriquée de la réalité alors qu'au-delà, bien plus nous attend. Je fronçai les sourcils. La mort était la fin de tout, contrairement à la naissance. Nous ne vivions pas vraiment lors de la gestation... et la mort n'avait rien d'une naissance... L'obscurité, l'arrêt de tout, c'était ça, ce qui nous attendait. Mais l'idée qu'il y ait autre chose, qu'au lieu de la noirceur du néant, nous soyons bercés par une lumière si intense qu'elle nous aveuglerait l'âme... Cette idée me plaisait quelque part. Elle plaisait l'esprit créatif et rêveur qui m'habitait, mais aussi laissait entrevoir autre chose qu'un vide anxiogène.

Le sourire d'Eagon ne dessina pas le mien, mes traits restant inquiets bien que la panique semblait s'être résorbée au gré de l'enchaînement de ses mots et des images qu'il insérait dans mon esprit. Il savait détourner mes peurs, éloigner mes terreurs. Et ce comme personne. Ses paroles suffisaient à m'apaiser, me ramener à la raison. Bien des nuits d'insomnies s'étaient transformées en repos salvateur à ses côtés. Il faisait fuir ces terreurs nocturnes qui m'empêchaient de trouver le sommeil. Un gardien des songes. Je baissai les yeux vers le sol, réfléchissant un instant aux dires d'Eagon. « Qu'est-ce que te fais pour vivre plutôt que survivre ? À part voir demain, à quoi aspires-tu ? » Je relevais timidement les yeux vers son regard, comprenant que ce n'était pas l'homme le plus spirituel de Steros et que mes questions dépassaient de loin son intérêt. Mais s'il était capable d'avoir cette façon de penser, alors peut-être pourrais-je trouver en ses aspiration l'inspiration d'en avoir à mon tour. Des idées qui me permettraient de me lever pour autre chose que ne pas me faire expulser du campement...

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 Sujet: Re: ac. Four boards and twelve nails ▬ Eagyne   Ven 16 Fév - 16:37


@"Eagon Niehaus"

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Chaque chose a un bon comme un mauvais côté... Des mots d'Eagon, c'est ce que je venais à retenir. Mais trouver la beauté dans les mauvaises choses me paraissait bien difficile. Là où l'espoir s'étiolait comme une vague de poussière soulevée par les vents, comment penser qu'il y a quelque chose de bon à retenir ? A regarder ? En quoi perdre tout ce qu'on s'est échiner à construire, à maintenir debout, ça a du bon ? Des personnes comme Jaxson, peuvent-elles vraiment avoir quoi que ce soit de bon en elles ? Le chagrin, la perte, la violence, tout ceci pouvait avoir quelque chose de bon ? Je ne croyais qu'à moitié les dires d'Eagon, mais je parvenais à m'en contenter.

Lorsqu'il se levait, le bâtisseur gardait à l'esprit ce qu'il avait à apporter à ce monde, à cette journée qui s'offrait à lui. Il n'était pas à manquer d'occupations pour la plupart essentielles à la vie de bien des personnes. Que ce soit auprès de ses amis - bien qu'il ne semblait pas en avoir beaucoup -, de ses élèves dont je faisais encore partie, des personnes à qui il rendait service de par sa force de travail. Eagon se contentait du but précis de chaque geste sans se demander pourquoi ce qu'il fait est utile. Abriter une personne alors que celle-ci peut sortir et se faire terrasser par une tempête, un éboulement suite à un tremblement de terre. Et ça, c'était en imaginant que les murs bâtis tenaient... Après, je comprenais sa passion du dur. Du solide que seuls les drames comme nous venions de vivre pouvaient réellement terrasser. Lorsqu'après des siècles entiers nous voyons encore des vestiges d'un temps que nous n'avion spas connu, ça laissait rêveur quand à l'idée de laisser la trace de notre passage. Les murs tenaient. Ceux de bois se laissaient ronger par le temps, mais la pierre restait la pierre. Et peu importe la raison pour laquelle on l'a construit, un abri reste un abri. Il pourrait continuer son office bien après nous, bien après tout.

Un coup d'épaule amicale. Je n'étais pas très tactile ni à communiquer la moindre camaraderie, mais ces gestes venant d'Eagon ne me dérangeaient aucunement. Mes sourcils restaient bas, mes lèvres fermées. J'essayais de relativiser, d'enlever ces appréhensions, ces troubles. Pour bien des raisons, j'essayais de faire au mieux à Steros pour ne pas m'emporter, pour ne pas laisser mes émotions prendre le dessus. Il le fallait car à me laisser prendre les choses trop à cœur, j'en venais à des extrêmes qui pouvaient finir par faire peur... que ce soit en bien ou en mal. Me fermer était plus une façon de préserver les autres que moi-même. Je ne voulais causer de tord à personne et que personne ne m'en cause. Ça pouvait paraître idiot, sans doute l'était-ce... Trouver un talent, une chose que je pouvais apporter à la communauté. Me contenter de faire de mon mieux pour mettre la main à la patte pour une cause perdue mais que nous étions des centaines à vouloir maintenir sur pieds. Une profonde tristesse m'envahissait, mais c'était le coup violent de la réalité. Si j'avais été, seule j'aurais été tentée de ne pas retarder l'échéance, Eagon savait m'insuffler la foi nécessaire pour que mon combat dure un peu plus longtemps...

En m'ébouriffant les cheveux, Eagon me demanda de lui sourire, de cesser d'afficher cette moue déconfite. Je le regardai timidement et tentai de courber mes lèvres. Ce n'était pas très convainquant, c'est vrai, mais j'osais espérer que ça lui suffise car bien que réconfortée par ses mots, je n'avais pas le cœur à sourire. « Je m'accorderai à réfléchir à tout ça... Merci Eagon. Même si je me doute que tu ne fais pas tout ça sous la contrainte, je te remercie pour le temps et la patience que tu m'accordes... » A ces mots, un sourire timide mais bien plus sincère se dessina sur mes lèvres. Je voyais bien qu'Eagon passait plus de temps auprès de moi qu'auprès de ses autres élèves. Et ce n'était pas parce que j'étais plus lente à comprendre les choses... Je me demandais avec réserve pourquoi il s'investissait autant auprès de moi. Et constatais chaque jour de l'importance qu'avait cette attention qu'il avait à mon égard. Le toisant d'un regard doux et mélancolique, je fus interpellée par des silhouettes qui s'approchaient au loin. Deux protecteurs sans doute venus nous récupérer... J'indiquais à Eagon d'un signe de tête leur approche.

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